Valorisation

Compte rendu du workshop : Hommage à Robert Salais, présentation de l’ouvrage collectif

Compte rendu du workshop : Hommage à Robert Salais, présentation de l’ouvrage collectif

INFORMATIONS

Le workshop du 23 novembre 2022 à l’ENS PSL qui rendait hommage aux travaux de Robert Salais à travers un ouvrage collectif fait l’objet d’un compte rendu.
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Compte rendu

Cette table-ronde s’est déroulée dans une ambiance très détendue et amicale, sans perdre de vue la qualité des échanges intellectuels autour de l’ouvrage collectif coordonné par Christian Bessy et Claude Didry, en hommage aux travaux de Robert Salais.

Valérie Boussard a rappelé le rôle central de Robert Salais dans la création de l’IDHES (Institutions et Dynamiques Historiques de l’Économie et de la Société) et de son orientation interdisciplinaire entre économie, histoire, sociologie et droit. Plus qu’un patrimoine à protéger, l’œuvre de Robert constitue une matrice génératrice de nouvelles problématiques de recherche afin de répondre aux enjeux sociétaux.

Claude Didry a ensuite évoqué sa rencontre avec Robert en 1990, à l’occasion de la publication d’un article sur Durkheim dans un dossier de la revue Genèses consacré à « la construction du fait social ». Cette rencontre s’inscrit dans ce que Jean Luciani évoque dans l’ouvrage comme le « détour par l’histoire », pour revenir sur les dynamiques institutionnelles autour desquelles se sont développés les travaux de Robert Salais et de son équipe. Claude Didry retient de cette rencontre la capacité de Robert Salais à lire un texte en visant non pas à en souligner les lacunes, mais en adoptant une véritable lecture destinée à mettre en évidence les apports. Cette ouverture intellectuelle que Robert Salais a impulsée dans EC fonctionnait alors à plein régime, dans un Groupement de Recherche CNRS, où se croisaient des séminaires historiques, juridiques, économiques. Didry parle d’« une ruche bouillonnante où l’on réfléchissait à plein de choses, en enchaînant la lecture des bases philosophiques de l’EC, autour de Lewis, de la logique non-modale ou de la théorie des « mondes possibles » de Jaakko Hintikka. »

Didry revient sur la structuration de l’ouvrage en en 6 parties (travail, emploi et chômage, les mondes de production et les dynamiques d’innovation, institutions et conventions, Europe et capacités, quantification et démocratie), en soulignant que ces parties suivent une logique biographique procédant par « bonds réflexifs », les recherches nourrissant à chaque fois un approfondissement réflexif vers de nouveaux objets. Il souligne également la dimension collective du travail d’investigation scientifique et l’implication de Robert dans la conception de l’architecture institutionnelle du laboratoire IDHE, créé en 1997 par le CNRS, comme le retrace la première partie de l’ouvrage. En d’autres termes, dans le cas de Robert Salais, il est impossible de distinguer le chercheur de l’organisateur de la recherche.

Christian Bessy est revenu sur le texte final de Robert Salais intitulé « Crise écologique et économie réflexive, une ouverture ». Ce texte permet de parcourir l’ensemble des contributions, car l’auteur y répond à chacune, certes en notes de bas page, mais aussi, saisit la perche que les coordinateurs de l’ouvrage lui avaient lancée autour de la notion d’économie réflexive :

« Une économie réflexive est une économie qui regarde d’abord derrière soi et enquête sur les dégâts qu’elle inflige à notre monde. Ainsi informée, elle se projette ensuite vers l’avenir et poursuit son développement de manière à réduire son empreinte écologique et humaine passée. Elle met en son centre la délibération démocratique entre les acteurs sur l’évaluation de cette empreinte et sur les solutions à engager (p. 307) ».

Cette approche repose sur un changement de posture à l’égard des choses qui ne peuvent pas être réduites à des simples objets sur lesquels nous avons prises. Il faudrait symétriquement donner prises aux choses, « leur faire face telle qu’elles sont », avec leurs multiples incertitudes dit RS, afin de générer cette fois-ci une « économie réflexive », au sens d’un apprentissage et d’un mode de connaissance, permettant de « voir, distinguer, connaître, et nommer les particularités de chaque chose par rapport aux autres » (p. 330). Cela rejoint la « théorie de la prise » élaborée avec Francis Chateauraynaud.

L’apport aujourd’hui de Robert Salais dans ce texte de conclusion ne se réduit pas seulement à une théorie de la connaissance basée sur les perceptions de l’environnement donnant plus d’épaisseur aux choses. Il revient aussi sur l’apport de David Lewis (1969) à la théorie des conventions et en particulier la distinction entre deux types de convention contrastant deux principes d’action :

  • qualifier les objets suivant un principe général, à partir d’anticipations croisées,
  • identifier les choses selon un principe de particularité, basée sur l’engagement des facultés sensorielles pour savoir comment agir dans la situation.

Christian Bessy conclut sur la conversion phénoménologique de Robert Salais et la nécessité d’articuler différentes échelles d’analyse de la crise du sensible dans les transformations du capitalisme.

Robert Salais salue chaleureusement les contributeurs au livre et les participants à la table-ronde, en particulier les deux discutants, Jean-Louis Fabiani qu’il a rencontré au WIKO à Berlin en 2007, et Jean-Philippe Robé avec lequel il a travaillé en compagnie de Gabriel Colletis sur la crise grecque en 2015, en imaginant notamment de convertir la dette grecque en financement d’investissements. Aujourd’hui avec la transition écologique, le problème est sensiblement identique car il faudrait réformer le fonctionnement de la finance.

De manière saisissante, Robert Salais fait part de son sentiment sur le livre présenté en ces termes :

« En le lisant et le relisant, je suis impressionné par le livre, même intimidé d’une certaine manière, de tout ce qu’il contient de recherches faites et à venir. Ce n’est pas vraiment un hommage… Que diriez-vous si vous étiez comme moi en face d’un autre soi-même qui est là dans le livre, dont vous ne pouvez pas nier qu’il vous ressemble un peu ? Il vous semble d’ailleurs moins volatil que ce que vous faites. C’est très inquiétant d’une certaine manière. J’ai mis un moment à m’adapter à ce genre de choses. Ce qui me console, cet autre, c’est le produit du travail d’un collectif. Ceux qui sont là au titre de l’appartenance aux travaux de l’IDHE, mais aussi les autres qui sont là épisodiquement. Je rejoins Laurent (Thévenot dans son texte) pour dire que l’on est face à un collectif qui s’est constitué et construit par des personnes qui ont senti les potentialités, les libertés, d’une période charnière, disons celles des années 60 aux années 80. Chacun à son moment, chacun à sa manière, ont finalement assumé de se mettre ensemble, via des convergences qu’ils ne connaissaient pas forcément, car quelque part ce n’est pas intentionnel ».

On ne peut pas faire mieux dans la description du passage d’un esprit subjectif à un esprit objectif.

Il souligne qu’à la lecture du livre, il « sent une espèce de vitalité interne, un plaisir, presque, je dirais, de chacune et de chacun. Il y a un déploiement d’énergie à la fois dans le temps et dans l’espace qui s’est poursuivi jusqu’à aujourd’hui et dont j’espère qu’il continuera, mais ! D’une certaine manière, nous faisons partie d’une génération qui est un peu charnière, qui a mis quelques pierres sur lesquelles on peut s’appuyer pour aller plus loin. Ce n’est pas vrai de tous les travaux de cette génération. Ce sont des appuis possibles, mais il faut que les jeunes s’en saisissent parce que c’est eux qui vont être en face du phénomène dans toute sa réalité complexe. Je pense très modestement que l’on a commencé à poser les bases d’une nouvelle compréhension de notre monde, de passer en revue, de proposer une critique et des instruments pour voir autrement. En fait, nous avons tous pressenti, chacun à notre moment, que le futur que l’on nous prévoyait n’était pas si admirable que cela. Et en fait, ce qu’il se préparait ressemblait furieusement à une clôture de l’avenir, sous l’évidence apparente de l’ouverture, de l’innovation, etc. et donc là je pense que nous avons commencé à prendre nos responsabilités face à ces choix qui nous enferment et qui représentent des dénis du réel. Or, comme le disait Christian (Bessy), l’économie telle que nous la connaissons est complétement inadaptée à l’élaboration de nouveaux rapports entre les humains et la nature. Il faut travailler ensemble entre les différentes sciences ».

Jean-Louis Fabiani prend la parole en commençant par remercier les organisateurs de la table-ronde de l’avoir invité pour discuter du livre autour des travaux de Robert Salais, en prenant le point de vue du sociologue de la vie intellectuelle : « Robert Salais, un économiste pour une sociologie renouvelée ». Il met l’accent sur les occasions, rencontres, conjonctures qui donnent lieu à des nouvelles configurations.

Il propose de partir des rapports féconds qu’avaient entretenus le sociologue Jean-Claude Passeron et l’économiste Louis-André Gérard-Varet et qui débouchera sur le fameux livre Le modèle et l’enquête (1995). Par rapport à cette tentative de dialogue, il positionne l’économie des conventions dont le manifeste a été publié dans la Revue économique (mars 1989) pratiquement en même temps et qui « propose quelque chose de plus mobile qu’un paradigme, une sorte de configuration, ce n’est peut-être pas le meilleur mot, autour d’un objet commun, les conventions »… « L’EC a voulu cesser de prendre comme allant de soi des découpages qui présente des dimensions contingentes, voire arbitraires, et que l’on naturalise sans y penser en mettant en avant la défense du corps disciplinaire et donc il y avait dans ce manifeste, qui est un programme, un mot d’ordre, la nécessité revendiquée d’élargir le champ de la recherche économique à ce que j’appelle ces périphéries culturelles : la science historique mentionnée plus haut, mais aussi le droit central dans l’opération je crois et quelque fois négligé par les sociologues après Durkheim ».

Pour JLF, ce qui apparaît central dans la trajectoire de Robert Salais c’est le refus de rejeter les outils statistiques (des économistes) sous prétexte que le modèle dans lequel ces outils s’exercent n’est pas satisfaisant. Ce livre très riche montre que les ouvrages de RS survivent bien au tournant critique et réflexif de son activité, en commençant par L’Invention du chômage en 1986, qui interroge, comme le font traditionnellement les sociologues depuis Durkheim ; la production historique des catégories sociales. Il donne l’image du fonctionnaire héroïque qui suscite une nostalgie d’une période de fécondité et de camaraderie, période qui contraste aujourd’hui avec un champ fondé sur la performance individuelle.

 « Je voudrais revenir sur la notion de « réflexivité », notion dont je me méfie car elle risque d’être galvaudée et on finit par mettre dans ce mot toutes les facilités de l’auto ethnographie. La question de la réflexivité dans les sciences sociales est vaste… Qu’est-ce qu’un retour réflexif ? Qu’a-t-on en tête quand on dit que l’habitus est pré réflexif ? Est-ce une compétence réservée au chercheur ou une propriété universelle de la conscience ? »

Il fait référence à la citation de RS, précitée par Christian Bessy, qui donne une bonne illustration de sa posture et qui débouche sur une meilleure diffusion sociale de la production des connaissances. L’EC proposerait une autre façon de poser les problèmes de transition écologique moins prophétique, moins léniniste et finalement plus efficace. Cela conduit RS à redéfinir les conditions de notre propre légitimité sociale, légitimité qui est en péril du fait d’une technostructure de plus en plus inféodée au capital financier.

C’est dans une veine plus pragmatique que Jean-Philippe Robé souligne cette impasse financière qui nous « mène droit au mur ». Il pose la question dont le droit, notamment les méthodes comptables, peut changer les comportements des grandes entreprises (banques et fonds d’investissement) qui ne se réduisent pas à des petites externalités à la marge. Ce qui n’a pas été fait dans le passé, il faudrait maintenant le faire vite. La seule solution est de développer des puits de carbone. Il revient sur la question d’une économie réflexive :

« Je ne pense pas qu’une économie en tant que telle puisse être elle-même réflexive, par contre les organisations peuvent avoir un comportement réflexif au-delà de la recherche du profit en prenant compte d’autres objectifs. Il faudrait donc démocratiser l’entreprise pour recréer un bien commun, un intermédiaire, entre le public et le privé. C’est la qualité écologique à tous les stades de la chaîne de valeur qui doit être prise en compte et impacter l’entreprise ».

Pour cet avocat, il importe d’introduire le coût de remplacement du capital environnemental, le coût de création du puit de carbone, et procéder à un changement de règle comptable permettant d’imputer à la charge de l’entreprise ces coûts.

La discussion reprend sur le besoin d’une action politique face à l’urgence environnementale, face aux limites d’une réponse dans le cadre du capitalisme néo-libérale. Guillaume Mercoeur, doctorant en sociologie, souligne ainsi les dimensions originales de l’approche de Robert Salais au regard des analyses de l’économie hétérodoxe anglo-saxonne en matière de changement climatique et notamment des apports d’Andreas Malm. Il fait référence à son travail de thèse sur l’implication syndicale croisant l’amélioration des conditions de travail et les enjeux environnementaux, mettant en évidence différents niveaux d’action sur lesquels les acteurs ont prise.

RS répond que différentes contributions du livre traite des réformes conduisant à l’entreprise codéterminée (Favereau), soutenable (Kädtler) et l’entreprise capacitante (Zimmerman).

Lien vers le compte rendu en anglais (english version)

La journée de valorisation de la recherche en SHS de la MSH Paris-Saclay

La journée de valorisation de la recherche en SHS de la MSH Paris-Saclay

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La Maison des Sciences de l’Homme (MSH) Paris-Saclay est une structure d’accueil, d’impulsion, de promotion et de diffusion de la recherche en sciences humaines et sociales. Elle organisait le 16 novembre à l’ENS Paris-Saclay une journée de sensibilisation à la valorisation de la recherche en sciences humaines et sociales. Plusieurs professionnels du domaine de l’innovation étaient présents pour expliquer les démarches et les solutions de la valorisation en SHS, ainsi que le cadre juridique et de recherche. Trois intervenants ont présenté des programmes spécifiques d’accompagnement et de financement de la valorisation. Trois autres présentations rapportaient des retours d’expériences de chercheurs qui se sont lancés dans l’aventure de valorisation.

L’objectif de la journée était de sensibiliser et promouvoir la capacité des unités de recherche en sciences humaines et sociales de notre périmètre à valoriser et à transférer leurs acquis vers le monde économique et social en vue d’augmenter l’impact social de la recherche. Il s’agissait de parvenir à motiver les collègues dans la démarche de la valorisation avec trois exemples très différents de valorisation. Tous ont présenté leurs expériences passionnantes dans ce domaine.

documentation

photos

Photos : Thierry CAYATTE

« Les mots de la sociologie de la déviance » : une série CESDIP

« Les mots de la sociologie de la déviance » : une série CESDIP

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Cesdip (Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions pénales) a réalisé, pour ses 50 ans, un certain nombre de capsules vidéos portant sur « les mots de la sociologie de la déviance ». Ces courtes vidéos rendent compte des recherches menées au Cesdip sur des thèmes tels que Punitivité, Coopérations police/justice, Abolitionnisme pénal, Contrôles d’identité, Politique de la ville, Réformes des polices, Délinquance en col blanc, Incivilités, Histoire du bagne colonial ou Genre et police.

Vidéos

Lien vers toutes les vidéos YouTube

Voici une sélection de quelques vidéos sur « La délinquance en col blanc », « Le genre dans la police » et « La politique de la ville ».

Les mots de la sociologie de la déviance

3 Vidéos

Enjeux de l’Appel à projets en partenariat avec l’Institut Pascal

Enjeux de l' Appel à projets En partenariat avec l'Institut Pascal

Dérèglements écologiques et révolution numérique
Agir dans la concomitance des mutations

Nous assistons ces dernières années au surgissement presque simultané de deux thèmes dans nos espaces publics : d’un côté, le changement climatique, thème débattu depuis longtemps, mais qui ne s’est imposé que récemment au tout premier plan de l’actualité ; d’un autre, la révolution numérique, thème qui prolonge des débats plus anciens autour des nouvelles technologies de l’information et de la communication, mais qui a pris des contours nouveaux notamment avec les références, elles récentes, au « big data » et à l’intelligence artificielle.

Sont ainsi visées deux mutations qui semblent simultanées : une accélération de changements affectant notre environnement – se manifestant notamment par le réchauffement climatique et le recul de la biodiversité – et une transformation de l’outillage que nous avions développé pour agir dans et sur cet environnement, plus particulièrement l’outillage de production, l’exploitation et la circulation de données susceptibles d’orienter nos actions.

Pour la communauté scientifique, qui a la responsabilité de fournir à la société dans son ensemble et aux décideurs politiques en particulier des outils de compréhension, de prédiction, et si possible d’action, la problématique des dérèglements climatiques et de la biodiversité pose des questions à la fois de sciences physiques et de sciences humaines et sociales.  En effet, prédire une augmentation des températures de deux à quatre degrés est une chose, comprendre ce que cette augmentation va signifier en termes de changements de mode de vie, de mouvements de populations et d’instabilité politique en est une autre.  De la même manière, les réponses apportées aux questions posées par le dérèglement climatique impliqueront forcément de mettre en regard des avancées technologiques importantes et une modification significative des structures et pratiques sociales.

Autant le calcul numérique intensif et les simulations de modèles physiques sont déjà fortement mobilisés par les chercheurs en science du climat, autant il paraît clair que les nouveaux outils numériques, dont nous découvrons les potentialités et les effets au moment même où nous sommes confrontés avec de nouvelles réalités, vont devoir être impliqués d’avantage et mobilisés par un nombre croissant d’acteurs au fur et à mesure que les aspects sociétaux associés au dérèglement climatique seront intégrés à la problématique.

Dans ces conditions, plusieurs questionnements peuvent être explorés, notamment :

  • Comment négocier et prendre des décisions, comment organiser des actions collectives face au changement climatique, alors que les connaissances sur le climat et les moyens d’accès à ces connaissances sont eux-mêmes dépendants de la maîtrise des ressources numériques, et qu’il s’agit d’impliquer, dans une approche participative, une multiplicité de spécialités et professions, ainsi que la société civile ?
  • Comment les outils numériques, en y incluant la réalité virtuelle et les « serious games » peuvent-ils permettre d’amener une compréhension plus profonde des enjeux impliqués par le dérèglement climatique aux populations et aux décideurs politiques ?
  • Dans quelle mesure ces nouveaux outils numériques permettent-ils de raccourcir les délais entre la mise en place d’une nouvelle organisation sociale, ou l’introduction d’un nouvel outil pour lutter contre le dérèglement écologique, et une mesure fiable de son impact ?  Peuvent-ils ouvrir la voie à des « expériences sociales virtuelles » ?
  • Quelle pourrait être la contribution de ces outils à la mise en place de structures d’économie circulaire et du partage, ainsi qu’à la mise en réseau d’initiatives de ce type à grande échelle ?
  • Quelle est la nature des connaissances que la mutation numérique permet de générer et comment ces connaissances peuvent-elles être divulguées, interagir avec d’autres formes de connaissance, pour pouvoir être mobilisées dans un environnement lui-même transformé par la révolution numérique ?
  • L’outil numérique n’introduit-il pas à la fois une opportunité et une menace ? Une opportunité car permettant l’analyse des multiples choix futurs qui altéreront l’environnement en favorisant ceux qui conduisent à une sobriété en émissions et à la biodiversité. Une menace car constituant lui-même un autre environnement, qui ne relève ni de la nature ni des relations humaines de face à face et qui peut, dès lors, produire une déprise par rapport à l’environnement naturel et social, ou bien introduire de nouvelles médiations qui transforment les relations entre les humains et la nature.
  • La révolution numérique peut être vue comme une solution, mais aussi comme une partie du problème.  Comment sa propre empreinte écologique peut-elle être réduite ? Quel contenu précis donner en particulier aux notions de sciences frugales ou de sobriété dans l’activité scientifique ? Comment rend-on compatible révolution numérique avec développement durable ?
  • N’y a-t-il pas à côté des vulnérabilités climatiques, des vulnérabilités numériques, les unes étant susceptibles d’aggraver les autres ? Et plus généralement, à quelles conditions sociétales le nouvel outil numérique peut-il contribuer à relever le défi des dérèglements climatiques ? Comment les enjeux environnementaux et numériques pourront-ils être pris en compte de manière intégrée dans la recherche des formes d’une transition juste ? 

Face à de tels questionnements, nous considérons, en nous inscrivant dans la ligne, notamment, de la Feuille de route environnement et numérique publiée par le Conseil national du numérique, de l’initiative de recherche The World in 2050 menée sous l’égide du Sustainable Development Solutions Network des Nations Unies par l’International Institute for Applied System Analysis de Vienne et le Stockholm Resilience Center, ou encore des travaux menés du German Advisory Council on Global Change, que le monde scientifique est appelé à :

  • Identifier de nouveaux domaines de recherche,
  • Développer des nouvelles formes de coopération entre disciplines,
  • Interroger les relations complexes entre les humains et leur environnement (technologique, naturel),
  • Affronter de nouvelles questions éthiques,
  • S’engager dans les efforts visant à allier progrès et développement durable,
  • Contribuer à faire coexister développement des pays du sud et sobriété de la planète.

L’ambition du présent appel est d’ouvrir un espace à ces développements scientifiques. Il s’agit de concevoir un projet de recherche – ou de développer une recherche déjà engagée – dans un domaine spécifique relatif à l’action contre les dérèglements climatiques et la perte de biodiversité, qui ménagera un espace propre à une interrogation sur les potentialités et implications de l’usage des outils numériques, eux-mêmes en rapide évolution, aussi bien dans la réalisation de la recherche, que dans les possibles utilisations de ses résultats. Cette recherche devrait allier aussi bien les disciplines scientifiques qui produisent des connaissances sur les phénomènes environnementaux en question, que celles qui s’intéressent aux outils de production et de traitement des données les concernant, et celles qui produisent des savoirs sur les dispositifs sociétaux d’organisation et d’action face à ces phénomènes. Elle devra enfin mobiliser des équipes pouvant s’appuyer sur des réseaux internationaux leur donnant les moyens d’inclure dans leur champ d’analyse les situations très inégales vécues dans différentes parties du monde, en vue d’une contribution à un effort scientifique qui doit nécessairement être mondial.

Programme du processus PSINano

Le partenariat entre l’Institut Pascal et la MSH Paris-Saclay a pour but de lancer un appel à projets pour participer à la semaine du 3 au 7 avril 2023 intitulée semaine de « co-problématisation et préfiguration ».

Pour faire émerger les thématiques de recherche les plus pertinentes et les plus novatrices, cet appel s’appuiera sur le « processus PSiNano » qui se déroule comme suit :

  1. Une première semaine de workshop impliquant un ensemble très large de chercheurs et chercheuses désirant s’impliquer dans cette réflexion sera organisée à l’Institut Pascal (IPa).  Le but de cette semaine sera de faire émerger un nombre restreint de problématiques, associées à des « consortiums » (3 au 7 avril 2023). Pour des précisions sur cette semaine, cliquer ici.
  2. Au cours d’une durée de 3 mois environ, chacun de ces consortiums sera chargé de formuler un projet scientifique précis sur la problématique qu’il aura identifiée (avril à juin 2023).
  3. Un deuxième workshop plus compact (un ou deux jours) de restitution de ces projets sera organisé à la Maison des Sciences de l’Homme (MSH) et se concrétisera par la possible sélection d’un projet phare de la MSH (fin juin 2023).
  4. Ce projet phare recevra un financement significatif de la part de la MSH sur une durée de deux ans. Il comprendra un « Programme Thématique » de trois ou quatre semaines organisées à l’IPa (fin juillet 2023).

Retour sur la Fête de la science 2022

Retour sur la Fête de la science 2022

INFORMATIONS

Tout au long du week-end de la Fête de la science, la MSH Paris-Saclay a proposé de jouer à un jeu conçu spécialement pour cette occasion « La maison des éco-gestes ». Il s’agit d’un jeu pour petits et grands qui lie enjeux climatiques et comportements quotidiens au sein de la maison. Pour retrouver les références de ce jeu

Le dimanche 9 octobre 2022, la MSH Paris-Saclay a proposé également l’intervention de deux chercheurs de son réseau sur le thème du développement durable.

  1. « Le tourisme : un secteur économique majeur, une empreinte écologique en question. Perspectives historiques » de Steve Hagimont, maître de conférences en histoire contemporaine
  2. « La mobilité durable » de Julie Bulteau, maîtresse de conférences en économie

Le tourisme

Le tourisme touche à l’alimentation, au chauffage, au secteur du bâtiment, aux transports. Ces derniers concernent 11% des émissions de GES en France selon l’ADEME.
Steve Hagimont explique que le secteur du tourisme est capable d’annuler les gains énergétiques des autres secteurs, constituant ainsi un enjeu majeur dans la crise actuelle.

Pour l’historien, le tourisme est un acteur considérable de l’artificialisation des sols et de la hausse des mobilités carbonées.

À l’origine, le tourisme au XVIIIe.s correspond au voyage de l’aristocratie, se développe avec l’engouement de la « nature spectacle », l’attrait pour les eaux thermales et les littoraux. De son côté la montagne a elle aussi sa part de succès car elle est un refuge face au changement ; la nature y est perçue comme stable précise Steve Hagimont. Le XVIIIe.s est dans la continuité, le siècle de la stimulation des politiques publiques pour l’essor du tourisme.

« Il y a des liens étroits entre tourisme et protection de la nature. »

« Le tourisme cristallise les enjeux climatiques. »

La mobilité durable

La mobilité est une source de bien-être explique Julie Bulteau. Elle est indispensable à l’économie, nécessaire au lien social mais elle est aussi source d’externalités négatives comme celles liées aux dégradations de l’environnement.
Elle concerne 31,1% des émission de GES en France.

Il faut adapter les offres en fonction des territoires en distinguant les territoires urbains des territoires peu denses dits « captifs » de l’automobile rappelle la maîtresse de conférences en économie.
Des solutions politiques de mobilité durable existent de nature économique comme les éco-taxes (exemple : TICPE) et non-économiques comme les médias ou les nudges (ce sont des incitations sans contrainte).

Qu’en est-il de la mobilité post covid ? On constate un report sur les modes de transports individuels et un accroissement de la mobilité active avec la favorisation des déplacements à vélo conclut Julie Bulteau.

*Propos recueillis dans le cadre de la conférence de Steve Hagimont et Julie Bulteau.
Crédit photo : Thierry Cayatte

Retour sur le colloque : Les enjeux éthiques et épistémologiques de la pandémie de Covid-19 (MSH de Clermont-Ferrand)

Retour sur le colloque : Les enjeux éthiques et épistémologiques de la pandémie de Covid-19 (MSH de Clermont-Ferrand)

INFORMATIONS

Le colloque international « Les enjeux éthiques et épistémologiques de la pandémie de Covid-19 » s’est déroulé à la Maison des Sciences de l’Homme de Clermont-Ferrand les 16 et 17 février 2022. Cet événement a été organisé dans le cadre du projet ANR Epancopi. Elsa Bansard, ingénieure de recherche à la MSH Paris-Saclay y a participé en intervenant sur le thème : « Covid-19 et crise écologique : quels enjeux épistémiques et éthiques pour une écologie de la santé ? ». Retrouvez sa présentation en vidéo ici.
Pour retrouver le résumé du colloque et l’ensemble des vidéos

Sources

ClermontMsh. Elsa Bansard – « Covid-19 et crise écologique : quels enjeux épistémiques et éthiques pour une écologie de la santé ? ». [Vidéo]. Canal-U. https://www.canal-u.tv/132771. (Consultée le 16 septembre 2022)

Appel à articles pour The Conversation

Appel à articles pour The Conversation

INFORMATIONS

Le média en ligne The Conversation lance un appel à articles à l’ensemble de la communauté des chercheurs sur des thèmes variés : culture, environnement et énergie, international, santé, sciences et technologie…
Pour découvrir les sujets proposés et contacter les responsables de rubrique cliquez ICI.
Les articles doivent compter 6 000 à 8 000 signes (1 000 mots environ) et se fonder sur de la recherche, des travaux, des expériences.

Vous pouvez aussi proposer vos propres sujets d’articles au média ici.

Retour sur le projet Excellence MSH Paris-Saclay Intertox : anticiper les toxicités du cancer du sein

Retour sur le projet Excellence MSH Paris-Saclay Intertox : anticiper les toxicités du cancer du sein

INFORMATIONS

Le lauréat de l’appel Excellence 2021 de la MSH Paris-Saclay en partenariat avec DataIA était le projet INTERTOX : Effort INTERdisciplinaire pour mieux comprendre et communiquer sur les TOXicités liées au cancer du sein porté par : Paul-Henry Cournède directeur de recherche à CentraleSupélec et Antonio Di Meglio, oncologue au laboratoire Prédicteurs moléculaires et nouvelles cibles en oncologie (PMNCO).
Retrouvrez sur le site Sciences de l’Université Paris-Saclay un article consacré à leurs travaux.

Compte rendu et vidéos des Journées automnales de recherche-création sur les mondes sociaux
22 et 23 octobre 2021

Compte rendu et vidéos des Journées automnales de recherche-création sur les mondes sociaux

INFORMATIONS

Les Journées automnales de recherche-création sur les mondes sociaux, soutenues par la MSH Paris-Saclay et le CIREC, ont eu lieu les 22 et 23 octobre 2021 de 9h30 à 17h dans la Salle académique de l’Université de Liège, sur le thème :

Espaces des (im)possibles.
Lieux d’effacement et de résistance

Compte rendu et vidéos

Le compte rendu et les vidéos de cette évènement sont disponibles ICI.

Le plateau de jeu « La maison des éco-gestes » de la MSH Paris-Saclay

Le plateau de jeu « La maison des éco-gestes » de la MSH Paris-Saclay

INFORMATIONS

Avec le jeu de la MSH Paris-Saclay « La maison des éco-gestes : vers une société durable ! »; tu es amené à travers des cas pratiques, des mises en situations, des vrai ou faux, des définitions ou des illustrations à t’interroger sur tes pratiques quotidiennes en fonction des enjeux climatiques et environnementaux actuels et au prisme des sciences humaines et sociales.
Ce jeu est présenté lors de la Fête de la science 2022 à l’ENS Paris-Saclay.

Si vous faites partie d’une institution d’apprentissage, que vous êtes une école, un collège, un lycée ou une université et que vous souhaitez que ce jeu vois soit prêté n’hésitez pas à écrire à l’adresse contact@msh-paris-saclay.fr

les ressources

Voici les références auxquelles le jeu de la MSH fait appel pour vous donner des éléments de réponse sur les bons gestes à adopter pour préserver la planète et mieux connaître l’impact de ses actions du quotidien sur celle-ci.

Les sources des réponses du jeu

CHAMBRE

Pile de vêtements

Pour aller plus loin, l’infographie des habitudes des français ainsi que l’étude complète : https://refashion.fr/pro/sites/default/files/rapport-etude/Etudes_GP_EcoTLC-2018.pdf

Valise

Pour en savoir plus sur les écolabels : https://agirpourlatransition.ademe.fr/particuliers/labels-environnementaux

Pour être un eco-voyageur, tu peux te rendre sur le site https://www.ecovoyageurs.com/ qui présente le tourisme durable et les façons de le mettre en œuvre.

Lumière

Téléphone

Climatisation

SALLE DE BAIN

Bain

Lave-linge

Radiateur

Savon liquide

Produits ménagers

CUISINE

Poubelle

Corbeille de fruits et légumes

Viande

Lave-vaisselle

Réfrigérateur

Télévision

SALON

Ordinateur

Plante d’intérieur

Journal

Console de jeux

Jardin 1

Jardin 2

Pour consulter une vidéo du CRNS Images sur la biodiversité : https://images.cnrs.fr/video/2858 

Jardin 3

Outils utiles pour agir

L’entretien

Article ADEME « Comment assainir l’air partout dans la maison »

Guide pratique ADEME : « Comment garder son logement au frais pendant l’été ? »

Le recyclage

L’application Siom Direct pour faire par de ses besoins en matière de traitement des ordures ménagères avec notamment le défi zéro déchet en famille

Le site du gouvernement pour savoir où recycler quoi : https://www.ecologie.gouv.fr/lesbonneshabitudes

L’infographie Qu’est-ce qu’on fait ?! Pour faire le ménage dans les produits toxiques

L’électricité

L’application https://www.monecowatt.fr/ pour rester vigilant sur sa consommation d’électricité

Le numérique

Guide pratique ADEME : « La face cachée du numérique »

L’infographie Qu’est-ce qu’on fait ?! Pour prendre conscience de l’ampleur de la pollution numérique

L’outil : « Empreinte carbone de mes usages numériques » pour savoir ce que l’on consomme à échelle individuelle en fonction de notre utilisation du téléphone, de l’ordinateur et de la télévision

Les concepts

Le livre Anthropocène de Michel Magny (médaille d’argent du CNRS).

Le site https://thisclimatedoesnotexist.com pour simuler les effets du changement climatique devant sa maison

De façon générale : https://www.inrae.fr/ressources / https://www.qqf.fr/

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