Evènements – MSH Paris-Saclay

Séminaire ECOPOLIEN
31 mai 2022

Séminaire ECOPOLIEN

INFORMATIONS

La 10e séance du séminaire de l’Atelier d’écologie politique francilien a lieu le 31 mai 2022 de 19h30 à 21h30 en libre accès à la Maison de l’Île-de-France, Cité universitaire internationale (17 Boulevard Jourdan, 75014 Paris).

Elle a pour thème : « CAPTURE D’ETAT : Quand les entreprises sont aux commandes » 

Intervenant.e.s :
Olivier Petitjean, Journaliste, éditeur de L’Observatoire des multinationales.

A. Lambert-Mogiliansky, professeure associée en économie à l’École d’Économie de Paris,
spécialiste des tribunaux d’arbitrage dans les accords commerciaux internationaux.

Olivia Chambard, enseignante et chercheuse en sociologie à l’Université de Paris I et au CNAM,
travaillant sur l’éducation aux logiques entrepreneuriales à l’université.

Conférence « Innovation and climate change governance »
19 et 20 mai 2022

Conférence « Innovation and climate change governance »

INFORMATIONS

La conférence « Innovation and climate change governance » aura lieu le 19 et 20 mai 2022 à l’INRAE situé au 147 Rue de l’Université à Paris.

Elle est organisée à l’initiative du laboratoire PSAE par :

Basak Bayramoglu (INRAE-PSAE)
Guy Meunier (INRAE-PSAE)
Jean-Pierre Ponssard (CNRS-IP Paris)

Retrouvez le programme ici

Inscrivez-vous là : Inscriptions en ligne International Conference: Innovation and climate change governance

PRésentation du laboratoire

PSAE est une unité mixte de recherche (UMR) composée d’une cinquantaine de membres permanents d’AgroParisTech et de l’INRAE, et accueille en moyenne une quarantaine d’étudiants et de stagiaires chaque année.

PSAE est organisé autour de 3 axes thématiques :
– Les régimes alimentaires durables
– Marchés agricoles et chaînes agroalimentaires
– Systèmes de production durables

et de deux axes transversaux :
– L’évaluation des politiques publiques
– Données et méthodes quantitatives.

Les recherches menées au sein du PSAE visent à évaluer l’efficacité économique des politiques publiques dans les trois domaines thématiques mentionnés ci-dessus à l’aide d’analyses théoriques et de méthodes quantitatives. Cet effort de quantification des impacts économiques s’appuie sur la constitution de bases de données avec la plateforme Odalim.
Les travaux récents des membres du PSAE ont porté sur les politiques d’atténuation et d’adaptation, les interactions entre le commerce international et les politiques environnementales, l’émergence possible d’aliments protéinés d’origine végétale, l’impact du Nutri-score ou de l’Eco-score sur les choix alimentaires des consommateurs, et les rapports de force au sein de l’industrie agroalimentaire. Pour toutes ces questions, les impacts des différentes options réglementaires (taxes, subventions, mandats, normes techniques) sur les gains et les pertes des agents (producteurs, consommateurs, contribuables) sont étudiés.

Pour plus d’informations, rendez-vous sur le site du PSAE

Séminaire du centre d’Alembert Séance 3
31 mai 2022

Séminaire du centre d'Alembert, séance 2

INFORMATIONS

La séance 3 du Séminaire du centre d’Alembert se tiendra le 31 mai de 14h à 16h sur le thème : « Partager les connaissances en contexte de science ouverte : Entre valorisation, commercialisation et institutionnalisation des savoirs« 

L’événement aura lieu en présentiel à la bibliothèque universitaire Orsay (bâtiment 407 – salle de conférences)

Les inscriptions sont à formuler auprès de : centre.dalembert@universite-paris-saclay.fr

PROGRAMME

  • Lise Verlaet, Directrice de l’Institut des Technosciences de l’Information et de la Communication, Université Paul-Valéry, Responsable scientifique du programme de recherche-action NumeRev (MSH-Sud)
  • Arnaud Saint-Martin Sociologue, Chargé de recherche au CNRS, CESSP (Centre Européen de Sociologie et de Science Politique – CNRS, Paris 1, EHESS)

Plus d’informations sur le Centre d’Alembert ici

Séminaire Valeur prix et politique
12 mai 2022

Séminaire Valeur prix et politique

INFORMATIONS

La prochaine séance du séminaire Valeur, prix et politique, soutenu par la MSH paris-Saclay et organisé par Christian Bessy (IDHES ENS-Paris-Saclay), aura lieu jeudi 12 mai de 14h à 16h à à l’IDHES ENS-Paris-Saclay, 4 avenue des sciences, 91 190 Gif-sur-Yvette, salle 3E 34.

Pour suivre cette séance en distanciel :
 
Présentation de Paola Tubaro : Combien coûte un visage ? Travail précaire et marché des données personnelles sur les plateformes numériques

L’économie numérique et encore plus, le développement de technologies « intelligentes », nécessitent de grandes quantités de données. La collecte massive des traces d’activités en ligne des usagers par les grandes entreprises du web ne va pas sans poser problème, et des efforts importants de régulation (comme le RGPD en Europe) visent à l’encadrer et la contrôler. Mais en parallèle, se développe un marché du travail inédit pour des tâches visant à produire, annoter et améliorer des données (notamment personnelles) pour l’industrie numérique et l’intelligence artificielle. Ainsi, on peut se faire payer trois dollars pour se prendre en selfie, un peu plus si c’est en vidéo plutôt que statique, et jusqu’à quinze dollars pour mettre à disposition une centaine de photos de soi-même durant les cinq dernières années…

L’étendue internationale de ces marchés du travail de la donnée, avec l’intermédiation de plateformes numériques spécialisées, permet le recrutement de travailleurs et travailleuses dans des pays à faible coût de la main d’œuvre, où la protection des données personnelles est souvent moins stricte. En prenant appui sur une enquête de terrain originale, menée en 2018-19 en France et en 2020-22 en Espagne et en Amérique Latine, cette présentation dévoile les types d’activités que réalisent ces travailleurs et travailleuses invisibilisés, ainsi que leur organisation et leurs conditions de travail.

Ce marché de la donnée ne peut se comprendre qu’en relation avec les transformations du travail liées aux plateformes numériques, notamment en termes de précarisation, externalisation, délocalisation, et gouvernance algorithmique. Il apparaît de cette analyse que toute solution doit être duale – protégeant les travailleurs pour protéger, aussi, les usagers, et leurs informations personnelles.

Paola Tubaro

Paola Tubaro est directrice de recherche au Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) sur le campus de Paris-Saclay. Spécialiste des réseaux sociaux et organisationnels, elle mène actuellement des recherches sur la place du travail humain dans les réseaux mondiaux de production de l’intelligence artificielle, sur les conditions sociales du travail sur plateforme dans les pays francophones et hispanophones, et sur les effets de la plateformisation sur des secteurs économiques « traditionnels ». Elle s’intéresse également aux méthodologies liées aux données et à l’éthique de la recherche. Membre élue de la European Academy of Sociology, elle copréside le groupe d’analyse des réseaux sociaux de la British Sociological Association (BSA-SNAG), et enseigne l’analyse des réseaux sociaux à l’ENS et à l’ENSAE en région parisienne.

Présentation du séminaire

Après une longue série de travaux sur la qualité des produits, l’Économie des conventions a entamé depuis quelques années une réflexion sur les formes de mise en valeur des choses ou des personnes. Il ne s’agit pas d’un simple raffinement théorique mais correspond aussi à une réflexion sur les changements politiques favorisant la marchandisation de certaines choses restées en dehors des échanges ou la montée des inégalités entre les êtres. On peut penser aux rémunérations versées aux superstars du football, aux grands patrons, aux traders ou, encore, aux cotes atteintes par des œuvres d’art dans les enchères publiques, témoignant d’une forme de disproportion sinon de sentiments d’injustice ou d’évaluation arbitraire (Steiner 2011).

La théorie économique a proposé des modèles pour expliquer ces « super prix » ou plus précisément le fait que les rémunérations et les probabilités de réussite augmentent plus que proportionnellement avec le talent et la compétence, en faisant référence à une ultra sensibilité de la demande sur un nombre limité d’individus (Rosen 1981) ou suivant une logique de « winner-takes-all » ou d’avantages cumulatifs. Si ces modèles ont profondément remis en cause le cœur traditionnel de la théorie économique des prix, la notion de « valeur » est le plus souvent réduite à celle de « prix ». Plus généralement, la théorie de la valeur sous-jacente à ces modèles considère la valeur des biens suivant leur utilité intrinsèque pour chacun et donc de façon préalable à l’échange (Orléan 2011).

De son côté l’approche sociologique, à la suite en particulier des travaux de Simmel, met non seulement l’accent sur le fait que c’est de l’échange que les objets tirent leur valeur et non l’inverse, mais aussi, ne dissocie pas « valeur » et « prix ». Si la mesure monétaire a tendance à aplanir les différences de valeur, un prix très élevé provoquent l’effet contraire et rendent l’entité convoitée moins interchangeable et donc plus singulière. C’est dans ce sens que L. Karpik (2007), dans son ouvrage sur l’économie des singularités, explique la disproportion des prix au sommet de la hiérarchie des valeurs. Cette disproportion rappelle que toute volonté de classement et de hiérarchie ordonne en fait des entités incommensurables.

L’objet du séminaire n’est pas seulement de s’intéresser à l’économie de la disproportion des prix mais, plus généralement, de renouer avec les « théories de la valeur » en s’intéressant à la pluralité des modes d’évaluation des biens, aux mécanismes de la formation des prix sur divers marchés et aux différentes significations qu’ils ont pour leurs participants (Vatin 2009, Beckert et Aspers 2011). Comme l’avance O. Velthuis (2007), dans son ouvrage sur le marché de l’art contemporain, les prix ont suffisamment de consistance pour être considérés comme des symboles, et assez flexibles pour donner prise à différentes significations. Il met l’accent sur les processus de construction sociale de la valeur des objets d’art en référence aux conventions en œuvre dans les mondes de l’art. La méthodologie utilisée rejoint de ce point de vue l’approche de l’Economie des conventions sur la pluralité des modes de valorisation (Eymard-Duvernay 1989) ou des mondes de production (Salais et Storper 1993).

Mais, la particularité de cette approche est de travailler très explicitement ces « ordres de grandeur » suivant différentes philosophies politiques et façons de fonder le « bien commun » (Boltanski et Thévenot, 1991). Cette insistance sur la construction politique de la valeur est à relier avec les travaux anthropologiques d’A. Appadurai (1986) qui explore les conditions par lesquelles les objets économiques circulent dans différents « régimes de valeur » suivant l’espace et le temps. C’est ce qu’il désigne aussi comme des « politiques de la valeur » à la base de la création du lien entre échange et valeur. Ce type d’approche conduit à l’examen des carrières des personnes et des objets, suivant la variété des espaces de circulation et de valorisation qu’ils traversent, et à faire l’histoire des catégories de personnes et de choses, avec en particulier les enjeux autour de la définition des frontières. Un accent particulier est mis sur le rôle des « intermédiaires de marché » dans la définition de ces catégories et dans la définition des « conventions de valeur » sur différents types de marché (Bessy et Chauvin 2013). Il s’agit également de contribuer à une anthropologie des façons dont les choses peuvent être structuralement différenciées et hiérarchisées en vue de l’obtention d’un échange profitable (Boltanski et Esquerre, 2017) ou à une ethnographie des agencements marchands renouvelée aujourd’hui avec l’émergence des plateformes numériques (Callon, 2017) ou avec des épisodes de crise sanitaire créant des situations de pénurie ou d’accaparement.

Le séminaire donne lieu à des présentations de chercheurs du laboratoire IDHES et d’invités extérieurs. Il est ouvert aux doctorants et aux étudiants de master.

Organisé par Christian Bessy (IDHES ENS-Paris-Saclay) christian.bessy@ens-paris-saclay.fr

Séminaire « Genre Et Monde Carcéral » 5e Séance
12 mai 2022

Séminaire « Genre Et Monde Carcéral » 5e Séance
12 mai 2022

INFORMATIONS

La 5e séance de la saison 2021-2022 du séminaire « Genre et monde carcéral », soutenu par la MSH Paris-Saclay, aura lieu le 12 mai 2022 de 10h30 à 16h30 sur le thème :

Régulations genrées et pratiques professionnelles en prison 

Cet événement aura lieu en format hybride :

  • En présentiel à l’ENS Paris-Saclay dans la salle 3G07, 4 Avenue des Sciences, 91190 Gif-sur-Yvette

  • En distanciel via un lien Zoom

PROGRAMME

Le séminaire se tiendra en présence de :

– Céline Béraud, sociologue, directrice d’études de l’EHESS, membre du Centre d’études
en sciences sociales du religieux (CéSor) ; Claire de Galembert, sociologue, CR au CNRS,
Institut des sciences sociales du politiques (ISP) ; Corinne Rostaing, sociologue, PR à
l’Université de Lyon 2, Centre Max Weber – Prison, genre et religion
Mélodie Renvoisé, sociologue, doctorante à l’Université de Nantes, Centre nantais de
sociologie (Cens) – Des régulations genrées en tension entre protection et contrôle des
femmes. Le cas des activités mixtes en prison  
Kevin Bideaux, chercheur en arts et études de genre, doctorant à l’Université Paris 8,
Laboratoire d’études de genre et de sexualité (LEGS) – Colorer et punir. Rose et
masculinités en prison

Présentation du séminaire :

Le séminaire « genre et monde carcéral » est un séminaire interdisciplinaire, débuté en 2017, offrant un espace de discussion et d’analyse des travaux récents qui portent sur le champ carcéral au prisme des questions de genre. L’objectif général est de proposer un état de la recherche scientifique, par la présentation de travaux qui problématise les rapports sociaux et les normes de genre dans ce champ de recherche. Sont valorisées les travaux récents et l’interdisciplinarité des approches. Le séminaire, pour 2020/2022, s’inscrit dans la continuité des questionnements et réflexions amorcés les années précédentes. Le premier cycle du séminaire (2017-2018) était consacré à l’émergence de travaux portant sur les femmes en prison dans le champ des sciences sociales. Le deuxième cycle (2018-2019) a permis d’approfondir la réflexion, en questionnant les enjeux de la disciplinarisation carcérale et ses effets sur le parcours de femmes incarcérées. Le troisième cycle (2019-2020) explorait les sociabilités intra-muros, pensées au prisme des rapports sociaux de sexe. Le quatrième cycle proposait de mettre la focale sur les liens entre « le dehors » et « le dedans », en analysant les dynamiques de circulation des normes de genre pour penser l’enfermement contemporain. Cette année, nous aborderons dans une première séance l’influence des représentations genrées sur le contrôle et l’enfermement des jeunes. La séance 2 portera sur la façon dont la prison façonne les masculinités incarcérées. La séance 3 sera consacrée aux sexualités et aux corps en prison. Dans la séance 4, on s’intéressera au processus de préparation de la sortie d’incarcération et à la manière dont celui-ci est régulé par des normes de genre implicites ou explicites. La séance 5 sera l’occasion de réfléchir à la façon dont les représentations genrées infléchissent le contrôle et les pratiques professionnelles en prison. Enfin, au cours de la séance 6, l’approche de genre permettra de questionner les catégories pénales et pénitentiaires.

Petits déjeuners Durkheim
15 avril 2022

La 3e séance de la saison 2022 des Petits déjeuners Durkheim, soutenus par la MSH Paris-Saclay, aura lieu vendredi 15 avril 2022 en présentiel à partir de 10h et en distanciel à partir de 10h30.

Lien de la visioconférence :
https://us02web.zoom.us/j/89964488664?pwd=bGtURWMvNTF3SWtoOEJhUTducHpXUT09

Femmes en prison et violences de genre.
Résistances à perpétuité

De Natacha Chetcuti-Osorovitz (CentraleSupelec)
Discutant : Pierre Guibentif (MSH Paris-Saclay)

Éditeur : La Dispute éditions
Collection : Le genre du monde
ISBN : 9782843033056
Date de parution : 28 mai 2021
288 p.

Présentation de l’ouvrage

Femmes déviantes, rebelles, violentes… C’est à rebours de ces stéréotypes que cet ouvrage se consacre aux femmes incarcérées pour de longues peines.

Natacha Chetcuti-Osorovitz, en s’appuyant sur les récits de détenues, reconstruit des itinéraires marqués par la violence de genre que ces femmes ont subi en amont de leur passage à l’acte et de leur condamnation. C’est à la mise en évidence de ce continuum de violences que tient d’abord l’originalité de ce livre. Dans le même esprit, l’auteure montre comment le parcours pénal est façonné par un dispositif disciplinaire où les femmes doivent se conformer à l’ordre social de genre. In fine, cette ethnographie de longue durée traite de ces questions d’actualité que sont la carcéralisation, le consentement, les violences de genre et l’émancipation. Femmes en prison et violences de genre. Résistances à perpétuité redonne et reconnaît ainsi à ces détenues leur pleine humanité.

L’autrice

Natacha Chetcuti-Osorovitz est sociologue, maîtresse de conférences HDR à CentraleSupélec et chercheure permanente au laboratoire Institutions et dynamiques historiques de l’économie et de la société (IDHES, UMR 8533), à l’ENS Paris-Saclay. Elle est spécialiste de l’épistémologie féministe, des violences de genre, de la sociologie carcérale et du lesbianisme.

Séminaire « Fédérer et développer les recherches sur l’éducation dans Paris-Saclay », séance 2
14 avril 2022

Séminaire « Fédérer et développer les recherches sur l’éducation dans Paris-Saclay » - 14 avril 2022

INFORMATIONS

La séance 2 du séminaire « Fédérer et développer les recherches sur l’éducation dans Paris-Saclay » aura lieu vendredi 14 avril de 14h à 17h. Elle est organisée par Pia Henaff-Pineau, Sophie Michel, Dominique Charrier et Gilles Uhlrich au titre du laboratoire Ciams, Université Paris Saclay avec la participation de Charlotte Parmantier, Université de Bretagne Occidentale.

PROGRAMME

Cette séance porte sur deux thématiques :

« Dynamique d’établissement, engagement pédagogique et dispositifs pluriels de réussite : Lycée de la nouvelle Chance (LNC) et accueil des Sportifs de Haut Niveau en double projet ». Cette recherche est présentée par Pia Henaff Pineau, Sophie Michel, Dominique Charrier et Gilles Uhlrich.

Discutante : Charlotte Parmantier

« Développement de projets « sport-santé » sur la Communauté d’agglomération de Paris-Saclay et sur le département de l’Essonne ». Cette recherche est présentée par Dominique Charrier, Pia Henaff-Pineau, Charlotte Parmantier et Sophie Michel.

Discutant : Gilles Uhlrich

Lieu : Faculté des sciences du sport, Amphithéâtre du bât 335, rue P. de Coubertin, 91400 Orsay.

Liminaire :

Compte tenu de la dispersion des recherches sur la thématique de l’éducation dans l’ensemble des laboratoires et structures de l’Université Paris-Saclay, la GS Education Formation Enseignement (EFE) propose d’organiser un séminaire afin de faire se rencontrer et échanger les chercheurs sur ce domaine de recherche. Si les travaux en sciences de l’éducation et de la formation peuvent y prendre une place importante, d’autres apports scientifiques sont tout aussi essentiels à considérer, dans le contexte de Paris Saclay, dès lors qu’ils éclairent des questions d’éducation, de formation et d’enseignement. Le séminaire proposé vise à initier et développer ces échanges interdisciplinaires qui auront vocation à se poursuivre. Entre avril et juin 20022, sont prévues quatre séances de présentation/discussion de recherches en cours, menées par des chercheurs de laboratoires différents et d’appui de la GS EFE. L’objectif est d’identifier des questions partagées voire de poser les premiers éléments d’un langage commun, afin de permettre ensuite l’élaboration et le développement de projets de recherche partagés à plus long terme (publication des actes du séminaire, réponse à des appels à projets en commun) …

L’originalité et l’importance de la problématique dans le champ scientifique :

Le croisement de disciplines (sciences de l’éducation, sociologie, histoire, psychologie sociale et ergonomique) sur la thématique de l’éducation et l’ancrage institutionnel commun aux chercheurs dans le périmètre Paris Saclay constituent l’originalité et l’apport essentiel du séminaire dont l’objectif est précisément de nourrir la constitution d’une culture commune et l’élaboration de problématiques nouvelles, dans un contexte local où la recherche sur cette thématique doit être structurée et développée. Croiser les approches permet de saisir la complexité des phénomènes observés, tout en développant les liens entre les chercheurs sur le territoire, contribuant à structurer la recherche sur l’éducation au sein de Paris-Saclay ainsi que l’articulation formation-recherche.

Mots-Clés :

Education – recherche – interdisciplinarité – échanges scientifiques – projets

 

Séminaire Ecopolien
6 avril 2022

La séance 9 du séminaire ECOPOLIEN, soutenu par la MSH Paris-Saclay, se tiendra le 6 avril 2022 de 18h à 20h sur le thème :

Greenwashing : une conférence pour dépolluer le débat public

Séminaire ouvert au public organisé par l’Ecopolien, en présence d’Aurélien Berlan, Guillaume Carbou et Laure Teulières, directeurs de l’ouvrage Greenwashing. Un Manuel pour dépolluer le débat public, Paris, Seuil, mars 2022.

Lieu : Maison de l’Île-de-France, Cité universitaire, 16 boulevard Jourdan, Paris, 14e arrondissement (RER B arrêt Cité universitaire, Tram T3, Métro 4 Porte d’Orléans).

Résumé :

Saviez-vous que les objectifs de « neutralité carbone » reposent largement sur des technologies qui n’existent pas ? Que la destruction d’une zone naturelle peut être « compensée » par l’investissement dans un produit financier ? Que l’on ne produira jamais assez d’hydrogène « vert » pour remplacer le pétrole ? Alors que l’enjeu écologique est décisif, nous avons un besoin urgent de clarifier les débats sur le sujet. Le greenwashing est ce qui nous en empêche. Évoquant tour à tour un verdissement de façade, la récupération d’un discours environnementaliste vidé de sa substance, la mise en place d’innovations aux effets « écologiques » douteux, il biaise le débat public et empêche des choix démocratiques éclairés. En considérant toute l’ampleur du phénomène, la conférence présentera les formes et les fonctions du greenwashing dans notre société, à partir des synthèses thématiques proposées par une trentaine de chercheurs et chercheuses et publiées aux éditions du Seuil récemment. Le débat en suivant permettra de renforcer l’autodéfense intellectuelle contre les fausses promesses, les illusions rassurantes et les formes d’enfumage qui nous enferment dans des trajectoires insoutenables. Un préalable indispensable si on veut ouvrir la voie aux bifurcations nécessaires.

Aurélien Berlan est docteur en philosophie, chargé de cours à l’université Toulouse Jean Jaurès ; Guillaume Carbou est maître de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’université de Bordeaux ; Laure Teulières est maîtresse de conférences en histoire contemporaine à l’université Toulouse Jean Jaurès. Tous trois sont membres de l’Atécopol, collectif de chercheuses et de chercheurs réfléchissant à la question écologique.

Ecopolien :

Ecopolien est un groupe de travail inter-universitaire (établissements ESR d’Ile de France) et transdisciplinaire (science humaines, sciences de la nature) s’intéressant aux causes des bouleversements écologiques actuelles et aux solutions proposées pour y remédier (voir https://ecopolien.hypotheses.org/ ). Son séminaire est soutenu par la MSH Paris-Saclay.

Séminaire Valeur prix et politique
14 avril 2022

La prochaine séance du séminaire Valeur, prix et politique, soutenu par la MSH paris-Saclay et organisé par Christian Bessy (IDHES ENS-Paris-Saclay), aura lieu jeudi 14 avril de 14h à 16h à à l’IDHES ENS-Paris-Saclay, 4 avenue des sciences, 91 190 Gif-sur-Yvette, salle 3E 34.

Présentation de :

Antonella Corsani (IDHES, Université de Paris Panthéon-Sorbonne)

La rémunération dans les zones grises des relations de travail

Pour certains auteurs, c’est la forme de la rémunération qui permet à elle seule de spécifier la figure du travailleur « non salarié » par rapport à la figure du salarié. Cependant, les critères de détermination de la rémunération sont multiples (tâche, qualification, résultats, temps…). Certains de ces critères font que la distinction entre la figure du salarié et la figure du  non-salarié s’avère moins aisées. Ainsi, historiquement, la rémunération à la tâche rapprochait par bien des aspects le travailleur salarié au travailleur indépendant. Au 20ème siècle, le critère du temps devient la norme et marque la frontière entre travail salarié et travail non salarié. Mais avec la crise de la grande usine et de l’organisation taylorienne- fordiste du travail la diversité des formes de la rémunération réapparaît, dedans et dehors de l’entreprise, en brouillant la frontière entre travail salarié et travail non-salarié, en laissant ainsi apparaître une  zone grise des relations de travail.

Dedans, c’est le développement des formes de rémunération déterminées sur la base des résultats et des performances des entreprises, dehors c’est une multiplicité de figures de la rémunération qui ressortent des processus d’externalisation et de plateformisation, mais aussi des dynamiques subjectives de fuite du travail salarié.

Parmi cette multitude de figures on approfondira en particulier celle de l’ « entrepreneur salarié », figure du travail spécifique de la Coopérative d’Activités et d’Emploi.

En tant que entrepreneur ce travailleur pas comme les autres doit déterminer le prix des services ou des biens qu’il offre. En tant que salarié, il doit s’affecter un salaire à partir du chiffre d’affaires réalisé par la vente des services ou des biens qu’il a produit. Le chiffre d’affaires étant au numérateur, le salaire minimum se trouve au dénominateur, il en résulte alors un volume de temps de travail, mais ce temps de travail (c’est-à-dire le temps de travail légal) n’est en aucun rapport avec le temps au travail, c’est à dire le temps que la personne passe à travailler.

Avec la loi 2014 qui a reconnue et inscrite dans le code du travail la coopérative d’activités et d’emploi et l’entrepreneur-salarié en tant qu’assimilé salarié, toute référence au temps disparaît. Il n’y a plus qu’à distribuer dans le temps le chiffre d’affaires sous forme de salaire. Chose que l’entrepreneur fera de manière calculatoire, en pesant les coûts et les bénéfices du point de vue fiscal et de la protection sociale. La figure de l’entrepreneur-salarié est donc intégrée dans le salariat sous la forme d’un individu « entrepreneur de soi » qui détermine à la fois le prix du produit de son travail et son salaire.

Présentation du séminaire :

Après une longue série de travaux sur la qualité des produits, l’Économie des conventions a entamé depuis quelques années une réflexion sur les formes de mise en valeur des choses ou des personnes. Il ne s’agit pas d’un simple raffinement théorique mais correspond aussi à une réflexion sur les changements politiques favorisant la marchandisation de certaines choses restées en dehors des échanges ou la montée des inégalités entre les êtres. On peut penser aux rémunérations versées aux superstars du football, aux grands patrons, aux traders ou, encore, aux cotes atteintes par des œuvres d’art dans les enchères publiques, témoignant d’une forme de disproportion sinon de sentiments d’injustice ou d’évaluation arbitraire (Steiner 2011).

La théorie économique a proposé des modèles pour expliquer ces « super prix » ou plus précisément le fait que les rémunérations et les probabilités de réussite augmentent plus que proportionnellement avec le talent et la compétence, en faisant référence à une ultra sensibilité de la demande sur un nombre limité d’individus (Rosen 1981) ou suivant une logique de « winner-takes-all » ou d’avantages cumulatifs. Si ces modèles ont profondément remis en cause le cœur traditionnel de la théorie économique des prix, la notion de « valeur » est le plus souvent réduite à celle de « prix ». Plus généralement, la théorie de la valeur sous-jacente à ces modèles considère la valeur des biens suivant leur utilité intrinsèque pour chacun et donc de façon préalable à l’échange (Orléan 2011).

De son côté l’approche sociologique, à la suite en particulier des travaux de Simmel, met non seulement l’accent sur le fait que c’est de l’échange que les objets tirent leur valeur et non l’inverse, mais aussi, ne dissocie pas « valeur » et « prix ». Si la mesure monétaire a tendance à aplanir les différences de valeur, un prix très élevé provoquent l’effet contraire et rendent l’entité convoitée moins interchangeable et donc plus singulière. C’est dans ce sens que L. Karpik (2007), dans son ouvrage sur l’économie des singularités, explique la disproportion des prix au sommet de la hiérarchie des valeurs. Cette disproportion rappelle que toute volonté de classement et de hiérarchie ordonne en fait des entités incommensurables.

L’objet du séminaire n’est pas seulement de s’intéresser à l’économie de la disproportion des prix mais, plus généralement, de renouer avec les « théories de la valeur » en s’intéressant à la pluralité des modes d’évaluation des biens, aux mécanismes de la formation des prix sur divers marchés et aux différentes significations qu’ils ont pour leurs participants (Vatin 2009, Beckert et Aspers 2011). Comme l’avance O. Velthuis (2007), dans son ouvrage sur le marché de l’art contemporain, les prix ont suffisamment de consistance pour être considérés comme des symboles, et assez flexibles pour donner prise à différentes significations. Il met l’accent sur les processus de construction sociale de la valeur des objets d’art en référence aux conventions en œuvre dans les mondes de l’art. La méthodologie utilisée rejoint de ce point de vue l’approche de l’Economie des conventions sur la pluralité des modes de valorisation (Eymard-Duvernay 1989) ou des mondes de production (Salais et Storper 1993).

Mais, la particularité de cette approche est de travailler très explicitement ces « ordres de grandeur » suivant différentes philosophies politiques et façons de fonder le « bien commun » (Boltanski et Thévenot, 1991). Cette insistance sur la construction politique de la valeur est à relier avec les travaux anthropologiques d’A. Appadurai (1986) qui explore les conditions par lesquelles les objets économiques circulent dans différents « régimes de valeur » suivant l’espace et le temps. C’est ce qu’il désigne aussi comme des « politiques de la valeur » à la base de la création du lien entre échange et valeur. Ce type d’approche conduit à l’examen des carrières des personnes et des objets, suivant la variété des espaces de circulation et de valorisation qu’ils traversent, et à faire l’histoire des catégories de personnes et de choses, avec en particulier les enjeux autour de la définition des frontières. Un accent particulier est mis sur le rôle des « intermédiaires de marché » dans la définition de ces catégories et dans la définition des « conventions de valeur » sur différents types de marché (Bessy et Chauvin 2013). Il s’agit également de contribuer à une anthropologie des façons dont les choses peuvent être structuralement différenciées et hiérarchisées en vue de l’obtention d’un échange profitable (Boltanski et Esquerre, 2017) ou à une ethnographie des agencements marchands renouvelée aujourd’hui avec l’émergence des plateformes numériques (Callon, 2017) ou avec des épisodes de crise sanitaire créant des situations de pénurie ou d’accaparement.

Le séminaire donne lieu à des présentations de chercheurs du laboratoire IDHES et d’invités extérieurs. Il est ouvert aux doctorants et aux étudiants de master.

Organisé par Christian Bessy (IDHES ENS-Paris-Saclay), bessy@idhe.ens-cachan.fr

Programme du Séminaire Valeur Prix Politique 2021-2022

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