La prochaine séance du séminaire PéLiAS, soutenu par la MSH Paris-Saclay, aura lieu vendredi 21 janvier de 16h à 19h en visioconférence, sur le thème :

Les femmes et les périodiques

L’accès au séminaire se fera sur inscription, avec l’envoi d’un mail à l’adresse alexiakalantzis@gmail.com ou norbert.verdier@universite-paris-saclay.fr. Le lien zoom sera envoyé aux participants quelques jours avant.

Avec :

  • Azélie Fayolle (Université Paris-Est Marne-la-Vallée)

Féministes par leurs revues. La Femme libre ou l’invention du féminisme comme apostolat saint-simonien

La création en 1832 du journal La Femme libre. Apostolat des femmes est souvent considérée comme un point d’origine du féminisme. Il y avait eu de nombreuses défenses de la cause des femmes, au moins depuis Christine de Pizan, mais la petite feuille saint-simonienne constitue une étape politique fondamentale : elle est la réalisation de l’auto-organisation collective de femmes prolétaires. Si le périodique (peu régulier) est créé dans le très riche contexte médiatique des années 1830 et des revues saint-simoniennes, les rédactrices inventent des formats textuels et une prise de parole nouvelles, qui tentent de réaliser une conscience de classe comme une émancipation des femmes. Leur tâche est complexe : elles sont elles-mêmes peu éduquées, moquées et caricaturées pour leur appartenance au saint-simonisme, et tentent de rallier les femmes au saint-simonisme et au souci de leur propre condition, tout en apostrophant, parfois avec virulence, les hommes du mouvement. Leur journalisme s’affiche, dans le sillage de la Doctrine, comme un véritable apostolat, qui gagne progressivement son autonomie.

  • Marianne Van Remoortel (Ghent University, Belgium)

Women Editors as Agents of Change

In 2015–21, I led the ERC Starting Grant project “Agents of Change: Women Editors and Socio-Cultural Transformation in Europe, 1710–1910” (WeChangEd). The project examined how periodical editorship enabled women across Europe to participate in a transnational exchange of ideas and to shape key processes of socio-cultural change at a time when their formal rights and access to power were limited. It was carried out by a multidisciplinary team (PI, 2 postdocs, 4 PhD students, 7 student interns) with complementary expertise in the humanities and social sciences, and language proficiencies in Dutch, English, French, German, Greek, Italian, Portuguese, Russian, Spanish, and Swedish.

At the Séminaire PéLiAS I will first discuss WeChangEd as a potential model for researching periodicals as cultural mediators. I will talk about the challenges we faced as a team and how we addressed them, including team management and teamwork (How do you foster collaboration in a multilingual team?) and multilingual periodical research (How do you “do” periodical studies across language boundaries?).

I will then zoom in on Linked Open Data as best practice for periodical studies in general, and specifically for showcasing the contributions of women. I will discuss our LOD-based data model and demonstrate our Wikidata-powered digital storytelling app (https://wechanged.ugent.be), which presents all the data we gathered about women editors and their periodicals (and more!) as visually compelling narratives.

I will conclude my talk with a small case study about the role of women editors in the transnational network – including an Anglo-French connection – behind the popular Victorian women’s periodical the Englishwoman’s Domestic Magazine (1852‒79).

A propos du séminaire PéLiAS (Périodiques, Littérature, Arts et Sciences)

Le séminaire PéLiAS (Périodiques, Littérature, Arts et Sciences) se propose d’étudier les périodiques artistiques, littéraires et scientifiques du xviiie siècle à la première moitié du xxe siècle en tant que médiateurs culturels. Il s’agit d’analyser les périodiques en tant que constructions sociales, matérielles et entrepreneuriales, faisant intervenir de multiples acteurs : écrivains, artistes, typographes, graveurs, imprimeurs, éditeurs, ou lecteurs… et touchant des milieux socio-professionnels variés (milieux artistiques et littéraires, scientifiques, universitaires, théâtres, galeries, maisons d’édition…).

 L’approche adoptée est double : les périodiques sont interrogés en tant que support de communication appartenant à la culture de l’imprimé et en tant qu’objet culturel pluridisciplinaire. La notion de médiateur permet également d’insister sur la circulation des idées, des textes, des images et des rédacteurs. Les périodiques sont pensés en terme de « réseau » : un dialogue s’établit entre les différents périodiques, au-delà des catégories traditionnelles qui opposent grande et petite presse, revues et livres, revues artistiques et littéraires et revues scientifiques. Enfin, les périodiques sont étudiés dans leur dimension de vulgarisation, tant au niveau littéraire que scientifique, et dans leur rapport au livre et aux différents publics.

Organisateurs :

  • Hélène Védrine (Sorbonne Université, CELLF 19-21)
  • Norbert Verdier (Paris Saclay, EST-GHDSO)
  • Alexia Kalantzis (UVSQ, CHCSC)

Comité scientifique :

  • Evanghelia Stead (UVSQ, CHCSC & IUF)
  • Hélène Gispert (Paris Saclay, EST-GHDSO)
  • Viera Rebolledo-Dhuin (UPEC, CRHEC)
  • Hélène Védrine (Sorbonne Université, CELLF 19-21)
  • Norbert Verdier (Paris Saclay, EST-GHDSO)
  • Alexia Kalantzis (UVSQ, CHCSC)

Contacts :

  • alexiakalantzis@gmail.com
  • norbert.verdier@universite-paris-saclay.fr