Pour cette dernière vague de l’appel à projets Émergence 2018, la MSH Paris-Saclay a retenu 2 projets.

Chacun bénéficiera d’une dotation pouvant aller jusqu’à 6000 €, dont la gestion sera directement assurée par la MSH Paris-Saclay.

 

Les 2 projets retenus sont les suivants :

Le travail des innovateurs à l’épreuve de l’éthique. Le cas des innovations énergétiques et biotechnologiques

Responsables scientifiques : Emmanuel Hirsch (APHP), Samir Bedreddine (PRINTEMPS / UVSQ) & Gaëtan Flocco (CPN / UEVE)

Depuis près de trente ans, le secteur de la recherche industrielle et scientifique connaît de profondes mutations. Dans le domaine académique, les institutions scientifiques se « mercantilisent », la science se « contextualise » et les gouvernements conditionnent de plus en plus le maintien des crédits aux collaborations avec le secteur industriel. La recherche biomédicale est également concernée par ces transformations. Dans un contexte de compétition scientifique internationale et de pressions fortes, notamment de la part des associations de malades, l’innovation thérapeutique impose ses règles et modifie profondément la culture et les pratiques de la recherche. Par conséquent, en quoi ces transformations des secteurs industriel et biomédical modifient-t-elles le périmètre et le contenu du travail des innovateurs ? Donnent-elles lieu à un accroissement ou une intensification de la charge de travail ? Outre les conditions dans lesquelles ces innovations se déroulent, quelles sont leurs implications en matière sociale, notamment concernant leur réception par les populations ? En d’autres termes, quels questionnements et problèmes éthiques posent-elles ? Pour éclairer ces questionnements d’ampleur, le projet consiste à mener différentes enquêtes sociologiques couplées à une réflexion éthique sur le travail d’innovation se déployant dans les secteurs énergétiques et biotechnologiques.

 

Le « Bitcoin du peuple »: les crypto-monnaies sociales, un futur possible de la blockchain ?

Responsables scientifiques : Hugo Harari-Kermadec (IDHES) & Jean Krivine (IRIF)

Le projet s’inscrit pleinement dans l’axe Numérique & Humanités de la MSH Paris-Saclay portant sur les changements introduits par la révolution numérique. Un nouveau chapitre des formes monétaires alternatives aux devises officielles est ouvert depuis quelques années par la convergence entre d’une part les monnaies dites « virtuelles », fondées sur un principe de création et de gestion monétaire décentralisé et les monnaies dites « sociales », « alternatives » ou encore « complémentaires », qui s’inscrivent dans ce qu’on dénomme usuellement l’économie sociale et solidaire (ESS).
En apparence, tout oppose les deux groupes de monnaies « non-bancaires ». D’un côté, les cryptomonnaies, issues de philosophies libertariennes et anarchistes, sont pensées contre les pouvoirs
discrétionnaires des Etats. De l’autre, les monnaies « sociales » (systèmes d’échange locaux, banques de temps, clubs de trueque, et autres monnaies locales) se construisent en opposition aux
effets délétères des pratiques spéculatives privées. Cependant, les deux communautés se rejoignent sur la volonté de transformation systématique.
La Moneda PAR localisée à Buenos Aires fournit un des premiers exemples de ces « cryptomonnaies sociales ». Nous nous proposons d’en étudier la structuration, entreprise qui requiert un
dialogue approfondie entre informatique et économie, puisqu’il s’agit de s’interroger sur les possibilités ouvertes par l’utilisation de la blockchain dans des projets de monnaies alternatives à
vocation sociale et solidaire, ainsi que les potentielles ambivalences. Du travail de terrain approfondi couplé à une solide expertise informatique et économique sera nécessaire pour saisir les propriétés de ces nouvelles formes émergentes dans toutes leurs nuances.