Pour cette 1ère vague de l’appel à projets Émergence 2017, la MSH Paris-Saclay a retenu 5 projets.

Chacun bénéficiera d’une dotation pouvant aller jusqu’à 5000 €, dont la gestion sera directement assurée par la MSH Paris-Saclay.

 

Les 5 projets retenus sont les suivants :

TERRItoires d’interface et BIOdiversité urbaine en Ile-de-France

Responsables scientifiques  : Romain MELOT (SADAPT) / Emmanuelle BAUDRY (ESE)

Le projet TERRIBIO est centré sur l’analyse de la biodiversité urbaine comme vecteur de représentations sociales et comme objet pour l’action publique locale dans les projets d’aménagement. En Ile-de-France, le projet cible des « territoires d’interface », caractérisés par une forte imbrication entre espaces bâtis et non bâtis dans les zones périurbaines. Il sera mené sur deux zones d’études : le plateau de Saclay élargi (incluant les communes avoisinantes) et la zone du Grand Roissy (correspondant au périmètre du Schéma de cohérence territoriale du même nom), deux territoires franciliens marqués par des dynamiques d’artificialisation fortes. Les recherches cibleront en particulier certains espaces à enjeux forts : jardins privés, friches agricoles, franges urbaines. Le projet associe une équipe pluridisciplinaire en SHS (sociologie, géographie, économie) de l’UMR SADAPT (INRA-AgroParisTech) (équipe Proximités) et un collectif d’enseignants-chercheurs en écologie de l’UMR ESE (CNRS-Université Paris Sud) (équipe EPC – Écologie des Populations et des Communautés). Les porteurs du projet (Romain Melot, chargé de recherche à l’INRA et Emmanuelle Baudry, maître de conférences à l’Université Paris Sud) sont responsables scientifiques de ces deux équipes.

Musique et sorties de guerres à l’époque contemporaine : art, propagande et diplomatie

Responsables scientifiques  : Anaïs FLECHET (CHCSC – EA 2448) / Martin GUERPIN (SLAM – EA)

Porté par une équipe internationale d’historiens et de musicologues, ce projet vise à analyser les recompositions du champ musical et les usages culturels et politiques de la musique dans les
périodes de sorties de guerre. Centré sur la période contemporaine, il s’articule autour de trois axes problématiques : 1) les processus de démobilisation culturelle; 2) la musique au service de la paix et de la réconciliation entre les peuples; 3) les reconfigurations institutionnelles et esthétiques du monde musical après les guerres.
Les rapports entre musique et nation, art, propagande et diplomatie sont au cœur de ce projet, qui propose de développer un champ d’études encore peu exploré, à la frontière de la musicologie, de
l’histoire culturelle et des relations internationales. Ce projet est fondé sur un partenariat entre le laboratoire Synergies Langues, Arts, Musique (Université d’ Évry Val d’Essonne) et le Centre d’Histoire Culturelle des Sociétés Contemporaines (Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines). Il vise à la création d’un réseau international sur ces thématiques. Deux journées d’études sont prévues à la MSH Paris-Saclay (octobre 2017) et à l’Accademia Chigiana de Sienne (mai 2018), ainsi qu’un colloque international à l’Université de Montréal (octobre 2018).

HistorIA : explorer les changements sonores avec l’intelligence artificielle

Responsable scientifique  : Ioana VASILESCU (LIMSI)

La question de l’intelligence artificielle au bénéfice des sciences humaines se trouve au cœur des humanités numériques. Le projet HistorIA est dédié à la linguistique historique numérique et s’inscrit dans cette mouvance. Nous nous proposons d’associer exploration comparative des changements sonores et étude des mécanismes articulatoires et acoustiques qui expliquent ces mutations dans le cadre d’un projet pluri- et interdisciplinaire qui fait appel à de grands corpus oraux investigués avec des moyens numériques et statistiques. La méthode comparative historique a permis depuis le 19ème siècle de comprendre les principes d’évolution des langues. Fondée sur l’observation des correspondances sonores dans des mots issus de langues apparentées, la méthode comparative a montré que les langues changent d’une manière régulière qui peut être formalisée dans des « lois » applicables sans exception. La linguistique instrumentée de l’oral à complété cette perspective par l’étude appuyée des mécanismes articulatoires, acoustiques et perceptives qui sous tendent ces changements. Notre objectif est de localiser et corréler variation et mutations phonétiques dans la langue parlée à partir de grandes masses de données orales traitées automatiquement. Le projet nécessite des compétences en linguistique historique, linguistique instrumentée de l’oral, technologies de la parole, sociolinguistique et psycholinguistique

Les algorithmes intelligents constituent-ils un moyen de rompre avec les stéréotypes ?

Responsable scientifique  : Grazia CECERE (LITEM)

Le projet vise à comprendre le rôle des algorithmes dans la discrimination sur les réseaux sociaux en ligne et l’existence de biais liés à l’implémentation de ces algorithmes. Si les algorithmes actuels
ont des capacités d’apprentissage basées sur leur expérience, ails peuvent dans certains cas aboutir à des discriminations non-prévisibles par l’homme. Nous proposons de mettre en place une expérimentation originale afin de tester l’existence et l’ampleur de ce phénomène. L’utilisation de ces technologies peuvent être préjudiciables pour les utilisateurs et il nous apparait important d’analyser ce problème sous le prisme du Droit et de l’Économie. La littérature en économie et en droit montre que les réseaux sociaux en ligne et les moteurs de recherche peuvent générer et reproduire les discriminations qui existent dans le monde réel. Pour mener cette étude nous mettons en place une campagne publicitaire et nous observons dans un second temps l’affichage des publicités proposé par les algorithmes afin d’identifier d’éventuels discriminations compte tenu du design de l’expérimentation. Notre projet vise donc à comprendre l’origine des biais de discrimination via la réalisation d’une étude de terrain et d’identifier les conséquences juridiques de ce type de comportement des algorithmes. In fine, nous organiserons un workshop interdisciplinaire entre juristes et économistes pour discuter de perspectives de recherche communes et la mise en place d’instruments de régulation adaptés à cette nouvelle réalité.

Mise en place d’un observatoire des actions de groupe

Responsables scientifiques  : Marie-José AZAR-BAUD (IDEP – EA 409) / Hélène AUBRY (IDEP – EA 409)

Le projet consiste dans la mise en place d’un Observatoire des actions de groupe, en vigueur en France depuis octobre 2014 mais pour lesquelles il n’existe pas de Registre à ce jour. Un outil sera développé afin d’y recenser les actions de groupe engagées, à engager, ou négociées dans le cadre d’une médiation en France ; la base de données sera tenue et mise à jour par l’équipe et publiée sur le site de l’IDEP.
Le Registre permettra ensuite d’observer les éventuels changements sur le comportement des  consommateurs (des secteurs concernés), des associations et des entreprises. Le travail est interdisciplinaire car les effets des actions de groupe engagées s’analyseront en termes juridiques mais aussi économiques, de gestion, de marketing et de communication, de sociologie et de psychologie sociale. Des chercheurs de plusieurs laboratoires de recherche de Paris-Saclay seront concernés (IDEP, RITM, DANTE, CERDI). Des publications refléteront les éléments recensés et les hypothèses dégagées.