Expérimenter au temps de la finitude. Quand l’étude des matériaux anciens rencontre ses limites.
Le séminaire travaillera à partir de perspectives croisées — en sciences des matériaux, archéologie, design et histoire — ainsi que de pratiques et de récits familiers, mais dont la portée demeure encore partiellement reconnue, parfois impensée. Nous nous intéresserons à ce qu’Hans-Jörg Rheinberger diagnostique comme l’importance fondamentale de la « construction expérimentale du savoir », suivant l’idée que la donnée scientifique ne peut être dissociée des gestes dont elle procède. Ceci nous conduira à questionner l’impact de ce qu’on désigne parfois comme la « ressource » sur le travail expérimental. Cette ressource matérielle (échantillons, matières premières, objets patrimoniaux, etc.) n’est pas neutre mais est manipulée, située, instable et donc appelle à des méthodes minutieuses face à quoi elle peut être facilement endommagée, transformée, voire effacée. Dans un contexte marqué par la vulnérabilité du non humain, ce qu’on appelle la ressource matérielle ne peut plus être considérée comme un simple support passif de la connaissance. Sa disponibilité limitée, son altération, mais aussi les opérations d’échantillonnage, de conservation ou d’interprétation auxquelles elle est soumise, nous conduisent à reconfigurer profondément les conditions mêmes de l’expérience scientifique. Chaque geste — d’analyse, de manipulation, de prélèvement, d’interprétation — exige alors une conscience aiguë de ce qui est mobilisé dans l’acte de connaissance, ce qui n’est pas sans conséquence sur la manière de faire science. Ce constat est particulièrement visible dans l’étude des matériaux anciens et du patrimoine, mais résonne aussi bien au-delà de ce champ. Franchir les frontières disciplinaires permet d’interroger les modes de production du savoir à l’ère de l’incertitude, du risque, et des transformations, accompagnant une vision moins extractiviste de la production des connaissances.
Nous vous proposons de venir réfléchir avec nous lors du séminaire interdisciplinaire « Expérimenter au temps de la finitude. Quand l’étude des matériaux anciens rencontre ses limites » que nous coorganisons les mercredis de16h30 à 18h30 :
- Session n°1 : 4 février 2026
- Session n°2 : 18 février 2026
- Session n°3 : 4 mars 2026 avec Hans-Jörg Rheinberger, épistémologue de l’expérimentation et ancien directeur de l’Institut Max Planck d’histoire des sciences de Berlin
- Session n°4 : 1er avril 2026
- Session n°5 : 15 avril 2026
IMPORTANT :
En participant au séminaire, vous acceptez qu’une captation vidéo et/ou audio soient réalisés à des fins de documentation.
