Ce colloque transdisciplinaire vise à explorer les affinités électives entre anarchisme(s) et écologie(s), en interrogeant les contextes socio-intellectuels ayant permis leur articulation, de leurs prémices au XIXe siècle jusqu’à leurs reconfigurations contemporaines. Nous porterons une attention particulière à la diversité des courants écologistes anarchistes ayant coexisté, ou coexistant encore — tels que l’écologie sociale, le primitivisme, ou le biorégionalisme —, à leurs ancrages scientifiques et militants, ainsi qu’à leurs relectures récentes dans des champs de lutte variés : antinucléaire, féministe, animaliste, antispéciste, décolonial, etc. (Zerzan, 1994 ; Sale, 2000 ; Bookchin, 2019).
L’anarchisme, mouvement hétérogène et souvent conflictuel, difficile à circonscrire du fait de son faible degré de centralisation, sera ici abordé à partir de deux critères principaux : la densité des réseaux et sociabilités militants et intellectuels qui le composent (Bantman et Altena, 2015), et la nature des pratiques sociales qui le caractérisent comme les grèves, milieux libres, pédagogie libertaire, syndicalisme, mutuellisme (Manfredonia, 2007). Loin de se limiter à son « Âge d’or » européen (1871–1914), l’anarchisme prend des formes multiples selon les périodes (communalisme, squats, ZAD) et les contextes géographiques (anarchismes non européens et non occidentaux), et s’hybride fréquemment avec d’autres courants critiques (féminismes, anticolonialismes, primitivismes). Nous privilégierons donc les contributions portant sur des auteurs ou expériences se réclamant explicitement du mouvement anarchiste.
Résumé issu du site web des porteurs : https://ecoanar.com/
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