ReCombinaisons se veut un espace de rencontre et de discussion entre chercheuses et chercheurs (biologie-santé, sciences humaines et sociales, philosophie), autrices, auteurs et artistes de science-fiction, et public le plus large possible, pour réfléchir et discuter ensemble de questions de science et de société.
Nous traversons en effet un moment de défis multiples, climatiques, écologiques, géo-politiques, qui mettent en danger la cohésion même de nos sociétés. Dans ce moment, nous pensons qu’il est essentiel de penser le présent et les futurs qui pourraient s’offrir à nous à partir de faits, de connaissances partagées, mais aussi en cherchant à les imaginer sous toutes les facettes possibles, en les discutant au travers des regards les plus variés possibles.
Pour œuvrer dans ce sens, ReCombinaisons est organisé autour de huit tables rondes, réunissant idéalement trois intervenantes et intervenants de différents domaines qui discutent ensemble et avec le public de thèmes de recherche et/ou de société, sous l’animation d’un modérateur ou d’une modératrice. La discussion entre public, chercheurs, chercheuses, auteurs et autrices est aussi au cœur d’un ensemble de moments et d’espace de rencontres moins classiques : discussions libres autour de livres et d’œuvres exposées, visite des espaces ouverts de l’Institut Pasteur, animations.
Présentation ReCombinaisons, science, fictions, société – seconde édition
Quelles recherches et quels imaginaires pour d’autres futurs ? Nous avons plus que jamais besoin d’inventer des futurs désirables et des trajectoires pour nous y conduire. Nous avons besoin d’imaginaires et d’utopies pour nous offrir des perspectives et montrer que le futur n’est pas obligé d’être la continuité d’un présent mortifère. Nous avons besoin de science pour nous parler d’aujourd’hui, de demain, et pour expliciter les conditions de réalisation de ces futurs potentiels. Nous avons besoin d’en discuter toutes et tous ensembles.
Nous vous proposons de venir ReCombiner, les réflexions, les savoirs, les récits de chercheurs et chercheuses en biologie-santé, sciences humaines et sociales, philosophie, d’autrices et auteurs de science-fiction et du public pendant deux jours où nous discuterons de questions de science et de société, au cours de table-rondes, d’évènements participatifs, d’une exposition, pour ouvrir des portes sur d’autres futurs.
Programme en cours de construction
- Conférence science – théâtre : Fermentation générale
- Utopie, imaginaires et science
- Alice Carabédian (philosophie), Ugo Bellagamba (auteur), Fanny Forgeau (sociologue IP)
- Intelligences ? artificielles
- Asma Mhalla (politologue), Audrey Pleynet (autrice), Guillaume Bouvier (chercheur IP)
- La science au risque de devenir une sous-culture
- xxx, Floriane Soulas (autrice), Elodie Dandelot (médiatrice IP)
- Mémoire et conservation des savoirs
- xxx, Catherine Dufour (autrice), Pierre Cornu (Historien)
- Faire société
- Stéphane Foucart (journaliste), Chloé Debiève (CICDE), Jean Baret (auteur)
- Renaissance du vivant
- Vanessa Proux (Sup’Biotech), Catherine Dufour (autrice), Aude Bernheim (chercheuse IP)
- Mère-enfants, transmission, éducation
- xxx, xxx, Audrey Pleynet (autrice)
- La place des animaux
- Jeanne-A Debats (autrice), Dominique Lestel (philosophe), Marion Bérard (vétérinaire IP)
- Soirée Cult, organisée par l’association Instant’ science
- Rencontre avec les restauratrices de Maquettes Deyrolles
- Moments de discussion avec les intervenantes et intervenants
- Visite de l’Institut Pasteur
- Expositions d’illustratrices scientifiques
- Concert de Lady Pipette
Tables Rondes
Utopie, imaginaires et science
Les Utopies redeviennent à la mode. En suivant Fredric Jameson (Archéologie du futur), Alice Carabedian (Utopie radicale) ou Vincent Gerber (L’imaginaire au pouvoir), le rôle des Utopies modernes est moins de proposer des modèles de « bon lieux » que d’affirmer résolument que d’autres futurs sont possibles. Nous ne sommes pas obligés d’envisager le futur comme une continuation mortifère du présent. Des choses inattendues sont à espérer et à faire advenir (le Ministère du futur de Kim Stanley Robinson). Mais les Utopies modernes rappellent aussi que les futurs souhaitables seront contraints par la physique, la thermodynamique, les évolutions des écosystèmes, les aspirations des humaines et des humains… Imaginaires et recherches ont un rôle à jouer pour nous donner des envies d’ailleurs, créer les conditions de possibilité de futurs nouveaux, mais aussi pour évaluer les trajectoires sur lesquelles nous nous engagerons. Cela implique de dépasser le discours sur l’innovation et de rappeler que la science à un rôle majeur : celui de dire ce qui est, de définir les contraintes qui s’exercent sur nous, et d’apporter son concours aux Utopies pour parler des aspirations des femmes et des hommes.
Intelligences ? artificielles
Passée la surprise, comment intégrer, mesurer, contrôler et encadrer ? Depuis environ cinq ans, les IA génératives de textes ou d’images, de gestions de données, d’assistance au diagnostic ou à l’analyse fascinent et interrogent. Les techniques d’apprentissage profond nous ont fait rentrer dans un nouveau monde dont nous avons du mal à prendre la mesure. L’IA est un outil « magique » entre les mains des créateurs, créatrices, chercheurs et chercheuses, pour le meilleur ou pour le pire. Dans le même temps, des milliardaires de la Silicon Vallée rêvent de mettre à leur service des IA généralistes omniscientes capables de leur donner les moyens de réaliser tous leurs fantasmes, de devenir immortels ou de coloniser le système solaire, voire la galaxie. Plus prosaïquement, l’IA est un enjeu de puissance économique et militaire, et de contrôle des populations. C’est aussi un ensemble de technologies requérant beaucoup d’énergie, beaucoup de matériaux et son lot d’exploitations d’hommes et de femmes. On ne remettra pas le diable dans la boite, alors peut-être est-il temps de se poser la question des mondes souhaitables que l’on pourrait construire avec l’IA et de leur conditions d’existence.
La science au risque de devenir une sous-culture ?
Remise en cause de réalités scientifiques, réorientation des sujets de recherches aux USA, difficulté à vulgariser les progrès techniques… Alors que la science s’est longtemps placée en amont de la simple opinion, elle semble devenir aujourd’hui une forme de croyance ayant la même valeur qu’une autre. Au-delà de la disparition d’une culture scientifique, faut-il s’inquiéter de la relégation de la science et la recherche à une simple sous-culture ? Quels en seraient les implications ? Comment résister à cette tendance et dans une ère post-vérité rétablir la confiance dans la science ?
Mémoire et conservation des savoirs
Disques de saphir sur la lune, salles de la BNF accueillant le patrimoine littéraire d’autres pays menacés de guerre ou de catastrophes climatiques, évolution des supports pour résister au temps, projets de data-center en orbite, protection des archives contre la falsification. Mais aussi conservatoires de ressources biologiques (CRB), réserve mondiale de semance du Svalbard… Quels enjeux autour de la conservation ? Quels sont les nouveaux gardiens des savoirs ?
Faire société
Entre fake news, théories du complot et méfiance envers les scientifiques, les journalistes ou les institutions, la confiance semble s’effriter de toutes parts. Dans un monde où chacun peut produire et diffuser sa propre version de la réalité, comment savoir à qui – ou à quoi – se fier ? La science-fiction explore depuis longtemps ces dérives : 1984, Fahrenheit 451, The Circle ou Black Mirror dépeignent des sociétés où l’information est contrôlée, remodelée ou rendue illisible, au point de briser les liens entre les individus. À force de brouiller la vérité, c’est la possibilité même du vivre-ensemble qui vacille. Entre manipulations médiatiques, crises sanitaires et bulles informationnelles, les récits d’anticipation nous tendent un miroir inquiétant. Mais ils offrent aussi des pistes pour repenser la place de la science, du débat et de l’esprit critique dans un monde saturé d’opinions. Alors que les certitudes s’effondrent, une question demeure : comment retisser les fils du dialogue dans une société où chacun doute de tout, sauf de ses propres croyances ?
Renaissance du vivant : quand la fiction reprogramme le réel
La biologie synthétique et la médecine régénérative ne relèvent plus du seul imaginaire : elles modifient déjà notre rapport au vivant. Concevoir des virus thérapeutiques, créer des bactéries capables de dépolluer, régénérer des tissus ou des organes à partir de cellules souches… autant de technologies qui redéfinissent les frontières entre le naturel et l’artificiel, entre la guérison et l’augmentation. Longtemps terrain de jeu de la science-fiction, ces innovations sont au cœur de récits fascinants ou inquiétants — La Mouche, Gattaca, Blade Runner, Altered Carbon — où la vie elle-même devient objet de design, de contrôle, parfois de marchandisation. Utopie biotechnologique ou cauchemar technocratique ? À mesure que les promesses de guérison se concrétisent, les risques d’inégalités, de dérives éthiques ou d’effacement de la notion d’humanité s’invitent dans le débat. La science a rattrapé la fiction… mais sommes-nous prêts à vivre dans ce nouveau récit ?
Mère-enfants, transmission, éducation
De la psychologie à l’épigénétique, en passant par des programmes sociaux et politiques, la relation mère-enfant est l’objet d’étude et d’actions de différents pans de la science. La science-fiction a également étudié ce lien et ses conséquences dans la structuration des individus et des sociétés. Quelles nouvelles avancées et découvertes scientifiques et quels modèles en SF pourraient permettre aujourd’hui de mieux comprendre, nourrir et protéger ce lien ?
La place des animaux
Peut-on imaginer une utopie sans animaux ? Trantor (Fondation) ou Annares (les Dépossédés) sont deux utopies radicalement différentes, mais qui ont en commun de ne pas faire de place – ou de ne pas pouvoir faire de place – aux animaux. A l’inverse, un des enjeux du Ministère du futur est de rendre un tiers de la terre à une vie végétale et animale sans ingérence humaine. Quelle place pour les animaux dans nos futurs ? Comment écrire et chercher pour les humains, mais aussi pour les animaux ?
