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Appel à communication / Revue Terrains & Travaux « Le gouvernement urbain des corps » – 2/10/2017

Le gouvernement urbain des corps : action publique locale de santé et conduites corporelles

Appel à contributions pour dossier thématique
Date de clôture de l’appel : 2 octobre 2017


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Traditionnellement dévolue à l’État, l’action publique de santé n’échappe pas aux processus de territorialisation et de pluralisation. Le gouvernement des corps qu’elle vise et qu’elle produit convoque ainsi une pluralité d’acteurs qui opèrent sur diverses scènes locales (hôpitaux, écoles, associations et équipements sportifs, espace public, logements, prisons, zones de rétention, etc.) Les modalités de production de ce gouvernement public des corps, qui va des actions de prévention à des formes plus contraignantes de surveillance ou de contrôle, se trouvent alors transformées par les processus de décentralisation et de déconcentration de l’action publique, en matière sanitaire et sociale notamment.

Ce dossier de terrains & travaux entend interroger les effets de ces changements d’échelles de l’action publique, en analysant ce que l’échelle urbaine produit sur le gouvernement des corps. Observe-t-on un renforcement du contrôle de certains destinataires de l’action publique ou, au contraire, un relâchement de ce dernier ? Ces interventions locales s’appuient-elles sur de nouvelles techniques de gestion des conduites corporelles ? Comment sont-elles perçues et reçues par les populations concernées ? Font-elles naître de nouvelles formes de résistances ou des modes d’appropriation inédits de la part de ces populations ? Reposant sur des données empiriques issues d’enquêtes de terrain, les propositions pourront porter sur 3 axes principaux de questionnement relatifs à la définition, à la mise en œuvre et aux effets de cette action publique.

1. Secteurs et champs d’intervention
Qu’elle se déploie à l’échelle des « quartiers prioritaires » des villes ou gagne progressivement l’ensemble du territoire des métropoles, l’action publique de santé contribue activement au gouvernement urbain des corps. Nombreuses sont les villes qui se dotent ainsi d’ambitieux programmes d’éducation à la santé, de plans volontaristes de lutte contre les addictions ou la sédentarité, d’actions de sensibilisation à la qualité nutritionnelle ou bien encore de schémas de développement des mobilités et des usages physiques d’un espace public désormais pensé comme « convivial », « partagé », « interactif » ou « participatif ». Il s’agira donc ici de s’interroger sur les recompositions que connaissent, au niveau local, les domaines d’intervention publique qui contribuent au gouvernement urbain des corps. Quels sont les secteurs investis et les champs d’intervention privilégiés ? Comment s’articulent les niveaux d’intervention, devenus plus nombreux et potentiellement concurrents ? Les textes proposés pourront notamment analyser comment, entre négociations d’échelles, jeux de domination et défenses des prés carrés, les luttes institutionnelles visent à faire advenir la « bonne » échelle locale de coordination et de régulation des conduites corporelles visées.

2. Acteurs, normes et dispositifs
Bien que diversement dotés en ressources, tous les acteurs intéressés au gouvernement urbain des corps (élus et agents des villes et des métropoles, représentants des autres niveaux de gouvernement local, opérateurs des agences régionales de santé, des services déconcentrés de l’État, établissements et professionnels de santé, responsables, militants et adhérents associatifs des secteurs sanitaire, social, éducatif ou sportif, coordonnateurs de réseaux de santé, mutuelles, habitants eux-mêmes, etc.) entendent y prendre part et faire ainsi valoir leur propre représentation du problème public considéré. Le développement de ces actions à l’échelle urbaine fait ainsi, dans certains cas, apparaître des concurrences nouvelles entre acteurs ayant des conceptions différentes des dispositifs, instruments et procédures à déployer, mais aussi des « publics prioritaires » à « cibler ». Alors que la pluralité des institutions et organisations mobilisées peut poser des problèmes de coordination, ces dispositifs (ateliers santé ville, contrats locaux de santé, plans locaux de santé, centres de santé, forums citoyens, manifestations et concertations publiques en santé, etc.) constituent le point de rencontre entre des professionnels appartenant à des segments et des mondes sociaux différents, mondes correspondant à autant de discours et de pratiques spécifiques. Pourquoi et comment s’expriment ces préférences ? Quels sont les dispositifs ou techniques utilisés ? Comment se diffusent les nouvelles normes et conduites ainsi promues ? Quelles sont les professions impactées par le développement de nouveaux référentiels d’action publique ? Quels registres de justification ces différents acteurs mettent-ils en avant ?

3. Publics et effets
Ces interventions s’adressent donc à divers publics que cible l’action publique et sur lesquels les contributions sont également invitées à mettre l’accent. Elles pourront ainsi s’attacher à mettre en évidence les processus d’appropriation, de détournement ou d’évitement de l’imposition des normes du gouvernement urbain des corps observés chez les publics prioritairement visés. Dans quelle mesure, en particulier, ces derniers cherchent-ils à résister à l’action publique ainsi instituée et parviennent-ils à le faire ? En tenant compte des objectifs visés, des dispositifs mis en œuvre et des réactions des populations concernées, les propositions pourront enfin analyser dans quelle mesure, dans un contexte bien souvent contraint budgétairement, cette action publique locale contribue à réduire, à renforcer ou à déplacer les inégalités sociales et territoriales en matière de santé, d’accès aux soins et, plus généralement, de qualité de vie et de bien-être. Les propositions peuvent intégrer les acquis de la sociologie, de la science politique, de l’anthropologie, de la géographie et de l’histoire, en s’intéressant à la situation contemporaine ou en privilégiant la longue période. Les terrains investis peuvent porter sur le cas français, ou le dépasser pour prendre en considération des contextes étrangers, et engager des analyses internationales comparées. La revue accueille également des notes critiques s’inscrivant dans le thème du dossier.

Les articles, de 50 000 signes maximum (espaces, notes et bibliographie compris) et les notes critiques, de 30 000 signes maximum, doivent être accompagnés de 5 mots-clés et d’un résumé de 150 mots (en français et en anglais), ainsi que d’un titre en anglais. Ils devront parvenir sous forme électronique aux coordinateurs du dossier avant le 2 octobre 2017 aux adresses suivantes :

  • Marina Honta : marina.honta[at]u-bordeaux.fr
  • Jean-Charles Basson : jean-charles.basson[at]univ-tlse3.fr
  • Milena Jaksic : milenajaksic[at]gmail.com
  • Olivier Le Noé : olivier.le_noe[at]u-paris10.fr

Les consignes relatives à la mise en forme des manuscrits sont consultables sur le site de la revue :
http://tt.hypotheses.org/consignes-aux-contributeurs/mise-en-forme

terrains & travaux accueille par ailleurs des articles hors dossier thématique (50 000 signes maximum), qui doivent être envoyés à :

  • Hovig Ter Minassian : hovig.terminassian[at]univ-tours.fr
  • Vinciane Zabban : vinciane.zabban[at]gmail.com

Pour plus de détails, merci de consulter le site de la revue : http://tt.hypotheses.org

Parution du n°30 de la revue Terrains & Travaux

Le dernier numéro de la revue Terrains et Travaux vient de paraître !

Ce n° 30 [2017/1]  est coordonné par Carine Ollivier et Maxime Quijoux.

Constitué de dix articles, ce numéro « Varia » est disponible en version papier et en version électronique via le portail Cairn.

Au sommaire :

  • Hugo Bertillot – Intégrer les services pour rationaliser l’action publique. Les nouveaux professionnels de la transversalité dans le secteur de l’autonomie
  • Auréline Cardoso – « C’est comme si on avait de la colère pour elles ». Féminisme et émotions dans le travail d’accompagnement des femmes victimes de violences conjugales
  • César Castellvi – Signer pour survivre ? La signature du journaliste au cœur des transformations de la presse japonaise
  • Clémentine Comer – « On n’est pas là pour casser du mâle ». La politisation versatile des inégalités conjugales dans les groupes d’agricultrices
  • Alexandra Garabige – Agir dans un secteur peu propice à l’action syndicale. Le cas de l’aide à domicile en France
  • Benjamin Leclercq – Devenir des intermédiaires ordinaires. L’ajustement des locataires à l’injonction participative des organismes HLM
  • Caroline Perrée – Exposer le miracle ou mettre de l’ordre dans le désordre de la foi. Étude de trois salles votives au Brésil, en France et au Mexique
  • Émilie Salaméro, Nadine Haschar-Noé – Variabilité des formes de gouvernance d’un contrat local de santé : ajustement en situation et légitimation négociée
  • Vianney Schlegel – Pauvres, déviants, malades. Travail d’inférence et catégorisations professionnelles dans la régulation de l’accès à l’hébergement des personnes sans-domicile
  • Patrick Trabal, Cécile Collinet, Philippe Terral – Faire preuve d’interdisciplinarité. Un mot d’ordre, ses interprétations et ses ajustements

 

La revue Terrains & Travaux est désormais hébergée à la MSH Paris-Saclay

revue terrains & travaux n°30 Varia

OpenEdition Journals

OpenEdition Journals est une plateforme de revues en sciences humaines et sociales. Fondée en 1999, elle accueille aujourd’hui 400 publications en ligne, soit plus de 100 000 articles, dont 95 % sont en accessible en texte intégral. Les sites de Revues.org reçoivent chaque mois une moyenne de 2,8 millions de visites.

OpenEdition Journals fait partie d’OpenEdition, une infrastructure complète d’édition électronique au service de la valorisation de la recherche en sciences humaines et sociales. OpenEdition inclut également une plateforme dédiée aux livres (OpenEdition Books), une plateforme de blogs de recherche (Hypothèses) et un calendrier des événements académiques (Calenda). OpenEdition est développé par le Centre pour l’édition électronique ouverte (Cléo), une initiative publique à but non-lucratif soutenue par de grandes institutions de recherche et dont la principale mission est la promotion de l’édition électronique en libre accès.

 

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Appel à articles de la Revue d’Economie Régionale et Urbaine

25 ans de Proximités

Appel à proposition d’articles de la Revue d’Économie Régionale et Urbaine

En 1993 parait un numéro spécial de la Revue d’Économie Régionale et Urbaine consacré aux analyses de la proximité, qui rencontre un grand succès et attire une large audience de chercheurs intéressés par ces nouvelles approches (BELLET, COLLETIS, LUNG, 1993).

Depuis, ces dernières ont conquis leurs lettres de noblesse et se sont imposées comme l’une des grandes catégories d’explications du lien des activités humaines à l’espace. Partie de travaux réalisés par des économistes industriels et régionaux sur les processus de production industriels ou innovants conduisant au développement théorique de nombreux concepts (territoire, cluster,…), l’analyse des relations de proximité s’est progressivement transformée, afin de traiter de questions plus larges et d’aborder de nouveaux domaines, sans renier son identité.

Connaissant un destin international, elle est utilisée par des économistes, des gestionnaires, des aménageurs, des sociologues et des géographes afin de fournir un cadre explicatif aux mutations qu’ils constatent localement et globalement. L’appareillage analytique s’est sophistiqué, les méthodes d’analyse et de calcul se sont multipliées, visant à mesurer la dimension objective et à évaluer les dimensions subjectives des proximités, les recherches se sont étendues à de nouveaux domaines comme l’environnement, l’aménagement de l’espace, la consommation, les Technologies de l’information, les réseaux, les processus de gouvernance, la mobilité … et la liste n’est pas exhaustive !

Il s’agit dorénavant de traiter des effets positifs et négatifs des proximités sur les relations économiques et sociales mais aussi, à l’inverse, d’analyser les processus de construction de proximités.

Nous lançons un appel à articles visant à faire un point d’étape sur les analyses de la proximité.

Après 25 ans de recherche et 10 ans après un deuxième numéro spécial de la RERU sur la proximité (BOUBA-OLGA , CARRINCAZEAUX, CORIS, 2008), le moment est venu de faire le bilan des avancées les plus récentes de ce champ d’analyse, qu’il s’agisse de débats théoriques, de méthodes d’analyse ou de progression de la compréhension des dynamiques sociales et économiques contemporaines par le biais d’études appliquées.

Les papiers proposés devront correspondre aux normes de la revue (http://www.reru.fr) et être adressés avant le 15/04/2017 dernier délai à l’adresse suivante : reru@reru.fr. Ils feront l’objet d’une évaluation en double aveugle.

André Torre et Damien Talbot, pour le Comité de rédaction de la RERU et le groupe Dynamiques de Proximité.

BELLET M., COLLETIS G., LUNG Y., (1993), Economie de Proximités, N° spécial de la Revue d’Economie Régionale et Urbaine, 3.
BOUBA-OLGA O., CARRINCAZEAUX C., CORIS M. (2008), La Proximité, 15 ans déjà !, N° spécial de la Revue d’Economie Régionale et Urbaine, 3.

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