Revue

Corps en colère – Revue L’Homme & la Société 2019/1 (n° 209)

Le dernier numéro de la Revue L’Homme & la Société hébergée par la MSH Paris-Saclay, vient de paraître :

Corps en Colère (n°209), coordonné par Annie Benveniste et Valérie Pouzol

Huit ans après les révoltes qui ont éclaté dans les pays arabes, la littérature existante témoigne de la répercussion des mouvements et des réponses souvent violentes qu’ont apportées les pouvoirs en place à la volonté de subversion des rapports sociaux et des rapports de genre. Ni bilan, ni réquisitoire, ce numéro de l’Homme et la Société explore la façon dont les diverses manifestations de la rébellion et de sa répression ont posé la question de la visibilité et de l’intense politisation des corps.

« Corps en colère » situe la réflexion au niveau des sujets en rébellion. Il part de la façon dont les corps parlent, s’insurgent, pour réfléchir à la dynamique des mouvements sociaux. Il examine la façon dont ces derniers ont pris des formes mobiles ou fragmentées, qu’il s’agisse de soulèvements radicaux ou de révoltes plus limitées mais constantes, bien que peu visibilisées. Cet angle de vue conduit à des analyses sur les nouveaux acteurs et actrices de ces luttes, leurs innovations en termes de luttes, mais aussi sur les nouveaux outils à inventer pour en rendre compte. En effet, les formes de contestation de l’ordre social sont multiples et ne se réduisent pas au répertoire des mouvements sociaux décrits par les politologues. Elles incluent des modalités qui relèvent de la performance artistique à portée hautement politique, quand les corps sont soumis à des épreuves qui incarnent la résistance.

Le numéro scrute aussi la reconstruction mémorielle des événements qui entraîne la sélection des figures emblématiques. Il montre comment la mémoire hiérarchise non seulement les actes mais leurs auteurs, valorisant souvent le sacrifice des hommes et rétablissant, à travers une stricte répartition des rôles, un ordre social que les rébellions avaient pourtant cherché à contester.


Disponible chez L’Harmattan ou sur Cairn

Deux chercheurs de l’université Paris-Saclay dans le top 5 des articles les plus consultés sur Cairn en 2018 !

La MSH Paris-Saclay félicitent André Torre et Paola Tubaro respectivement en 4e et 5e position des articles les plus consultés sur CAIRN en 2018 !

 

André Torre pour son article dans la Revue d’Economie Régionale et Urbaine : Les moteurs du développement territorial

André Torre, chercheur à l’UMR SAD-APT (biographie ci-dessous) est directeur de la MSH Paris-Saclay depuis le 1er juillet 2018

 

Paola Tubaro pour son article avec Gilles Bastin dans la Revue Française de Sociologie : Le moment big data des sciences sociales

Paola Tubaro, chercheuse au LRI (biographie ci-dessous) est membre du Bureau de la MSH Paris-Saclay et co-porteuse avec Antonio Casilli du projet maturation DipLab.

 

Ces articles sont en accès libre sur CAIRN jusqu’au 15 février :

 

Les moteurs du développement territorial

https://www.cairn.info/revue-d-economie-regionale-et-urbaine-2018-4-page-711.htm?WT.mc_id=voeux2019&WT.tsrc=newsletterCairn

 

Le moment big data des sciences sociales

https://www.cairn.info/revue-francaise-de-sociologie-2018-3-page-375.htm

 

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André Torre , Directeur de la MSH Paris-Saclay, UMR SAD-APT (INRA / AgroParisTech)

Economiste, André Torre exerce les fonctions de Directeur de recherche à l’INRA (Institut National de la Recherche Agronomique), rattaché à AgroParisTech. Ses recherches se sont longtemps situées à la frontière entre l’économie spatiale et l’économie industrielle puis ont pris une tournure davantage pluridisciplinaire, avec un intérêt grandissant pour les problématiques de développement et d’aménagement du territoire.

Aujourd’hui ses travaux sont consacrés à l’analyse des relations de proximité et à leur importance dans les processus de coordination entre acteurs. Ils portent principalement sur deux domaines d’étude :

– les interactions locales entre firmes innovantes, et plus particulièrement le rôle joué par la proximité géographique dans la transmission des connaissances ;

– les processus de gouvernance territoriale et les conflits d’usage et de voisinage, dans une optique de développement territorial. Cette approche pluridisciplinaire vise à identifier et définir les conflits, ainsi que leurs modes de pilotage et leur place dans les processus de développement des territoires..

André Torre a publié une centaine d’articles dans des revues à Comité de lecture, 20 ouvrages, seul ou en co-direction, et dirigé une quinzaine de numéros spéciaux de revues, essentiellement sur les questions d’espace et de coordination entre acteurs.

Son implication dans l’administration de la recherche l’a conduit à assumer les fonctions de :

– Président de l’ERSA (European Regional Science Association) (http://www.ersa.org/)

– Directeur des programmes PSDR (Pour et Sur le Développement Régional) (http://www.psdr.fr)

– Rédacteur en Chef de la Revue d’Economie Régionale et urbaine (RERU) (http://www.reru.fr/)

 

Paola Tubaro  – UMR LRI  (CNRS / UPSud)

Chargée de recherche au CNRS, Paola Tubaro a été auparavant enseignante-chercheure à l’Université de Greenwich à Londres. S’étant tournée vers la sociologie après une formation d’économiste, elle entreprend des recherches interdisciplinaires qui mobilisent la science des données, la simulation à base d’agents et l’analyse des réseaux sociaux dans l’étude des phénomènes socio-économiques. Elle s’intéresse particulièrement à l’économie des plateformes numériques, avec des recherches portant sur l’essor d’une approche « collaborative », les effets des plateformes sur des secteurs traditionnels (comme la restauration) et les transformations du travail notamment avec l’émergence de sites et applications rémunératrices. Elle a co-fondé European Network on Digital Labor (ENDL), coordonne le groupe d’étude sur l’analyse des réseaux sociaux de la British Sociological Association, et est membre du comité de lecture de Revue Française de Sociologie.

Nouveau n° de la revue Terrains & Travaux « Empreintes et emprises de la financiarisation »

Le n°33 [2018/2] de la revue Terrains & Travaux « Empreintes et emprises de la financiarisation » vient de paraître ! 

Un numéro coordonné  par :
Isabelle Chambost, Yamina Tadjeddine et Caroline Vincensini

 

Le poids et le rôle économique grandissant de la finance constituent le point de départ de la caractérisation du phénomène de financiarisation par la littérature économique. Cette qualification critique met en évidence l’importance prise par la finance à travers ses marchés, ses instruments (notamment les produits dérivés), ses acteurs, ses institutions et ses visées, soulignant la captation et l’accumulation des profits au détriment de l’« économie réelle » par le déploiement de logiques essentiellement spéculatives. Le capitalisme financier, faisant système, subordonne ainsi l’ensemble des différents pans de la société en imposant ses référents normatifs et ses rapports de force, captant l’essentiel de la valeur et instituant des mécanismes de rentes financières (Serfati, 1996 ; Epstein, 2005 ; Dore, 2008 ; Krippner, 2005 ; Fine, 2012).

Depuis une vingtaine d’années, des travaux en socioéconomie, en science politique, en économie, en sociologie, en sciences de gestion, documentent ses caractéristiques, ses origines, ses manifestations et ses conséquences, s’inscrivant dans des degrés progressifs de conceptualisation, de la description empirique de réalités à la caractérisation plus théorique du capitalisme actuel. Cette littérature montre comment la finance appose ses droits sur les espaces non financiers, que ce phénomène soit étudié en tant que nouveau régime d’accumulation, en tant que processus de redistribution à travers l’imposition d’une création de valeur pour l’actionnaire ou par une invasion de notre quotidien, selon la typologie de Van der Zwan (2014).

Ces trois approches s’accordent sur le pouvoir de la finance et sur la domination que celle-ci exerce quelle que soit l’échelle considérée – macro, méso ou micro. Elles considèrent aussi que la période contemporaine constitue l’aboutissement complet de ce processus

 

Sommaire :

Isabelle Chambost, Yamina Tadjeddine, Caroline Vincensini
Empreintes et emprises de la financiarisation

Nicolas Pinsard,
La marchandisation des offices comme appareils d’État au XVIIe siècle
Genèse sociopolitique de la financiarisation des fiances de l’État en France

Axel Pohn-Weidinger, La financiarisation par le bas
Enquête sur le cahier de comptes d’une famille surendettée

Antoine Guironnet, Ludovic Halbert, Nicolas Maisetti, Coproduire la
régulation environnementale, reproduire l’accumulation financiarisée
Experts et gestionnaires d’actifs immobiliers dans la fabrique d’une politique
de réduction des consommations énergétiques en France (2007-2017)

Fabien Foureault, Un PDG détrôné par la finance ?
Financiarisation et circulation du pouvoir de direction

 

HORS DOSSIER

Cécile Carra, Clémence Boxberger,
Le rôle du rapport au métier dans la construction d’incidents en classe
Le cas des professeurs débutants en contextes populaires

Laura Mellini, Francesca Poglia Mileti, Michela Villani,
Résistantes face à la vulnérabilité. L’agentivité relationnelle des
femmes africaines et séropositives en contexte migratoire

Doriane Montmasson,
« Parce qu’on n’avait pas besoin du papa dans l’histoire ! »
La réception de la littérature de jeunesse par les enfants

 

Disponible sur CAIRN : https://www.cairn.info/revue-terrains-et-travaux-2018-2.htm?contenu=sommaire

 

Télécharger le Flyer : Flyer Terrains & travaux 2018/2

Nouveau n° de la revue L’Homme & la Société : « L’Homme-machine II »

Le nouveau numéro de la revue L’Homme & la Société vient de paraître !

 

L’Homme-machine II.

Du travailleur augmenté à l’homme augmenté

 

Dossier dirigé par Florent Le Bot, Olivier Dard, Claude Didry, Camille Dupuy, et Cédric Perrin

Notre exploration des fantasmes idéologiques accompagnant la perpétuation du capitalisme se poursuit à travers ce dossier, et nous fait passer de l’utopie d’une production mécanisée toujours plus efficace où la machine libèrerait l’humanité du travail (L’Homme-machine I), à la recherche de la vie éternelle dans la multiplication de thérapies, de disciplines, de prothèses et de big data visant à porter les corps et les esprits vers les sommets. Il reste à en analyser la portée, en interrogeant ce que ce fantasme de l’homme augmenté représente dans la justification actuelle du capitalisme et en revenant sur sa spécificité à l’égard de la fascination pour la machine. L’homme-machine et l’homme augmenté sont liés au travail et à la question récurrente : « le travail ou comment s’en débarrasser ? » La grande équation capitaliste de la machine se ramène aux gains de productivité liés à des combinaisons de facteurs de production nouvelles reposant sur la domestication de l’énergie dans le cadre d’un paradigme dominé par la physique. Cela nous a conduits à parler de « travailleur-machine » pour appréhender cette absorption du travailleur par la machine, mais aussi, en un sens, sa transformation en un « berger des machines ». Le dossier invite à s’interroger sur le « décalage prométhéen » entre ce que les hommes savent faire techniquement et ce qu’ils sont en mesure de penser et de maîtriser moralement. Passé un certain seuil, la capacité technique devient démesurée par rapport à la condition humaine et l’excède. Mais il s’agit également de réfléchir sur le transhumanisme comme un modèle de dépassement de l’humain qui, ce faisant, présuppose l’existence même d’une nature humaine qu’il entend transcender par l’initiative de ces capitaines d’industrie californiens défrayant la chronique de l’humanisme établi. Or, dans la perspective que s’efforce d’approfondir L’Homme & la Société, c’est l’hypothèse même d’une nature humaine qui reste à mettre en question, pour saisir le déploiement historique d’une humanité dont la nature profonde est de réveiller les potentialités qui y sommeillent en bouleversant ainsi continûment cette nature même.

 

Au sommaire :

 

  1. Prométhée déchainé ?

Florent Le Bot, Olivier Dard, Claude Didry, Camille Dupuy et Cédric Perrin

 

  1. Le travail de l’Homme-machine et les promesses d’abondance : de la manufacture automatique à la cyber-entreprise

Henry Jorda

 

  1. La méthode graphique et l’esprit du « capteur d’activité » (1847-1920) : aux sources du « self tracking », la courbe « autographique » du moteur-humain

Marco Saraceno

 

  1. Grandeur et misère de l’humain augmenté : le cas du pilote sans avion

Gérard Dubey

 

  1. Surveiller et guérir le corps optimal. Big Data et performance sportive.

 Sébastien Dalgalarrondo

 

  1. Corps et âme. Le transhumanisme, nouvel horizon biopolitique du capitalisme ?

Nicolas Le Dévédec

 

  1. Les nanotechnologies comme technologie transhumaniste

Franck Damour

 

  1. Métamorphoses du corps et métaphores : penser les technologies à l’ère du transhumain

Christophe Lazaro

 

Diffusion :

L’Harmattan : https://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=numero&no=60982&no_revue=20&razSqlClone=1

CAIRN : https://www.cairn.info/revue-l-homme-et-la-societe.htm

 

Télécharger le flyer :

Modalités de soumission des textes – Aide à l’usage des auteurs

Tout auteur souhaitant soumettre un texte au comité de rédaction de la revue L’Homme & la Société, hébergée par la MSH Paris-Saclay :

– article en réponse à un appel à projet ;
– article hors dossier ;
– note critique, texte pour la rubrique « Débats & perspectives » ;
– ou compte rendu d’ouvrage

devra le faire en se conformant aux normes d’édition (présentation, références bibliographiques,  typographie…) adoptées par la revue (cf. document téléchargeable ci-dessous).

H&S_MODALITÉS DE SOUMISSION DES ARTICLES.dotx

 

Pour tout renseignement, vous pouvez contacter Anne-Sophie Décriaud, éditrice de la revue : anne-sophie.decriaud@ens-paris-saclay.fr

Nouveau n° de la revue L’Homme & la Société : « L’Homme-Machine 1 »

Vient de paraître ! Le nouveau numéro (205) de la revue L’Homme & la Société

L’Homme-machine I – Le travailleur-machine

Coordonné par Florent LE BOT, Olivier DARD, Claude DIDRY, Camille DUPUY & Cédric PERRIN

La machine, l’automation, l’automatisation, l’ordinateur, le numérique, les nouvelles technologies sont de formidables générateurs à prophéties, annonçant, par exemple, avec l’« usine du futur » et la robotisation de l’industrie, la suppression d’un nombre considérable d’emplois, ou avec le numérique et l’Internet, la multiplication des pépites ou des licornes dans l’Eldorado des start-up. Ce dossier éclaire ces prophéties, leurs déploiements, leurs impasses et leurs contradictions. Mais en adoptant une perspective sociohistorique, la place de la machine dans le construit social (visible dans les sphères économique, politique mais aussi dans le champ du loisir en tant que
prétexte à re-création des forces de production) révèle la platitude idéologique d’une succession de « révolutions », industrielles hier, numériques aujourd’hui, qui font de chaque instant une grande transformation.
Vingt ans après leurs envolées lyriques sur la société numérique, les experts qui avaient chanté les louanges de la Silicon Valley ressortent du placard où les avait envoyés la crise des valeurs technologiques en 2000. Les « révolutions » industrielles s’enchaînent à un rythme toujours plus soutenu, en renvoyant sans cesse le présent dans un passé révolu, le travail et le salariat pouvant être pendant ce temps soumis aux vagues des « réformes structurelles » qui permettront aux entreprises de faire face à l’insoutenable incertitude de la rentabilité. Le progrès technique transforme les sociologues en voyants, penchant vers le pessimisme d’un « travail
en miettes », d’un monde toujours plus « sécuritaire », vers la joie de la libération du travail relayée par une multitude de « mouvements sociaux » promettant autant d’« interventions sociologiques » pour dépasser la grisaille du syndicalisme, ou la sobriété d’un revenu universel préfiurant la décroissance fiale. La presse se fait, quant à elle, régulièrement l’écho d’études sur le rôle présumé des machines en matière de destruction ou de création d’emploi. Les problématiques des conditions de travail, d’organisation du travail, du temps de travail, de la santé au travail entrent immédiatement en résonance avec le sujet. Nous interrogeons ici ces éléments avec une distance critique, distance prise avec la fascination pour l’Internet, le miracle de ces technologies de l’information qui, dès les années 1960, transforment le monde en un « village planétaire », le local en global, le travailleur en maker, etc.
L’Homme et la Société entend, avec «  Le travailleur-machine  », dégager la réflexion sur la technologie et la société de la chape de l’incessante nouveauté qui impose un futur sans avenir. Ce dossier s’inscrit dans la poursuite de deux précédents volumes intitulés « Les mille peaux du capitalisme », qui revendiquaient que le profi, la justifiation, le contrôle, la perpétuation et la prophétie constituaient le moteur du capitalisme.

Sur le site de l’Harmattan : http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=numero&no=58575&no_revue=20&razSqlClone=1

Sur le site de Cairn : https://www.cairn.info/revue-l-homme-et-la-societe.htm

Revue Terrains & Travaux n°31 « Consommer autrement »

Le n°31 de la revue Terrains & Travaux vient de paraitre.

« Consommer autrement »

Un numéro coordonné par Jean-Samuel Beuscart, Frédérique Giraud et Marie Trespeuch

 

Au sommaire :

Jean-Samuel Beuscart, Frédérique Giraud, Marie Trespeuch,
Consommer autrement
Thomas Depecker, Marc-Olivier Déplaude, Information et désinformation des
consommateurs. La constitution d’un répertoire d’action consumériste dans
les années 1960
Jeanne Guien, Violeta Ramirez, Travailler à consommer. Expérimentation et
émancipation dans les pratiques de consommation alternative
Arnaud Mège, « Faire autrement ». Tensions entre idéaux et contraintes
pratiques de militants pour la décroissance
Fanny Rassat, Consommer local et s’inscrire dans un territoire.
Les pratiques de réemploi et d’achat en ressourcerie
Elisabetta Bucolo, Les gratiferias, des initiatives de réemploi et de consommation alternatives
Gilles Lazuech, Gervaise Debucquet, Culture alimentaire et accord marchand
local. Une enquête au sein de l’AMAP « Poisson » Yeu-Continent
Yuna Chiffleau, Grégori Akermann, Arielle Canard, Les circuits courts
alimentaires, un levier pour une consommation plus durable ? Le cas d’un
marché de plein vent
hors dossier
Isabelle Clair, S’insulter entre files. Ethnographie d’une pratique
polysémique en milieu populaire et rural
Clémence Coconnier, Samuel Julhe, L’accompagnement des danseurs
en transition professionnelle. Un dispositif révélateur des décalages entre
une institution et ses usagers
Clément Combes, Figures de la sériphilie. Des traits signifints de la pratique
des séries télévisées contemporaine à une typologie des amateurs

 

Consultation et abonnement sur Cairn

Parution du dernier numéro de la revue L’Homme et la Société

Le numéro double 203/204 (2017/1-2) de la revue L’Homme et la Société : « Corps sexué, corps genré : une géopolitique » vient de paraître.

Coordonné par Pierre Bras, ce numéro est disponible dès maintenant sur Cairn.info. La version papier est disponible chez L’Harmattan .

Ce numéro – le premier à paraître à la suite de la célébration du cinquantenaire de la revue – montre la fidélité de cette dernière à l’esprit de 1966, annus mirabilis qui vit notre fondation. À l’époque, on se passionnait pour le marxisme, l’existentialisme et la psychanalyse, et L’Homme et la Société prenait une part active à cette vie intellectuelle pleine d’énergie. En même temps, la revue, s’opposant au structuralisme triomphant, portait comme enjeu d’offrir une stratégie politique émancipatrice, mieux : auto-émancipatrice.

Ce volume reste en prise avec la vie intellectuelle et politique. La psychanalyse, toujours présente, est liée dans ces pages à ce pour quoi se passionne désormais l’époque : le genre. Ce dernier domine de larges pans des débats contemporains et triomphe dans les études féministes. Ce n’est pas sans conséquence politique, comme l’exprime ici Juliet Mitchell dans sa réponse à la lecture que Judith Butler fait de son livre Psychanalyse et féminisme. Mitchell montre que le reproche d’hétéronormativité que lui adresse Butler conduit cette dernière à négliger ce qui est spécifique dans l’oppression des femmes, cette négligence faisant courir le risque que soit oubliée la nécessité de la lutte pour l’égalité des sexes. Assiste-t-on à une mise en concurrence entre la lutte en faveur de l’homosexualité et le combat pour l’égalité des sexes, concurrence qui justifierait la victoire du genre sur le sexe ? Par cette question et celles que posent la rencontre entre homonormativité et droits des transgenres à Hong Kong ou l’influence de la mondialisation sur le corps, l’intérêt fondateur de L’Homme et la Société pour la stratégie politique auto-émancipatrice est satisfait : le numéro permet de s’interroger sur l’enjeu géopolitique qui caractérise une approche du genre propre à rendre illisible l’oppression. Si s’enfermer dans l’identité, comme nous y invite une certaine pensée du genre, ne permet pas d’opérer l’acte politique que requiert la lutte contre l’oppression (on se contente d’être tolérés), cet enfermement n’empêche pas les actes géopolitiques, actes visant à contraindre autrui à adopter le système de valeur de celui qui agit. Il s’agit d’étendre ses positions identitaires aux dépend des relations de socialisation, cette extension provoquant à son tour l’extension d’un angle mort qui occulte l’oppression. Oppression dont on commence dangereusement, çà et là et par la géopolitique des idées, à nier l’existence.

 

Fondée en 1966, L’Homme et la Société est une revue trimestrielle internationale de recherches et de synthèse en sciences sociales, dirigée par Claude Didry (CMH, ENS, CNRS) et Pierre Bras, (University of California, Paris).

 

 

Appel à contributions / Revue Terrains & Travaux « «Empreintes et emprises de la financiarisation » – 9/02/2018

La Revue Terrains & Travaux lance un appel à contributions sur le thème « Empreintes et emprises de la financiarisation ».

L’ambition de ce dossier sur la financiarisation est d’étudier ce processus comme un fait social de pénétration par la finance des sphères politiques, économiques, sociales et domestiques, observable à différentes époques et dans différentes cultures.

La financiarisation sera entendue ici comme le processus de préemption par des acteurs financiers des revenus futurs espérés produits par des acteurs économiques et sociaux (entreprises, administrations, prisons, hôpitaux, États…) Les producteurs économiques et sociaux deviennent liés à ces promesses de revenus futurs qui les contraignent à atteindre les objectifs de rendement, à supporter les risques associés et le cas échéant à mettre en œuvre les choix nécessaires à leur réalisation. À l’achèvement du processus de financiarisation, toute activité humaine, économique et sociale devient assimilable à un titre financier résumable à une espérance de rendement et un risque, dont l’achat est subordonné à une revente à court terme source de plus-value. Les activités économiques et sociales sont définitivement détournées de leur fonction première et jugées exclusivement à l’aune de ces représentations financières. Étudier la financiarisation ainsi définie invite à analyser les origines et les ressorts de ce processus, ses modalités de pénétration, et à questionner sa domination.

 

Dossier coordonné par : Isabelle Chambost, Yamina Tadjeddine, Caroline Vincensini.

Téléchargez le texte complet de l’appel : [T&T] AAC Financiarisation

 

Clôture de l’appel : 9 février 2018

Pour plus de détails, consultez le site de la revue : http://tt.hypotheses.org

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