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Programme des événements du dispositif : « Crises sanitaires et environnementales »

Programme des événements du dispositif : "Crises sanitaires et environnementales"

  • 20 mai 2002 : Séminaire La fabrique des scenarios de transitions écologiques proposé par l’Atelier d’écologie politique, 17h30-20h, salle du sénéchal, 17 rue de Rémusat, Toulouse. Plus d’informations ici & rediffusion des précédents séminaires.
  • 23-27 mai 2022 : Ecole de printemps du projet Anthropocene FACTS Grenoble, à destination d’enseignants qui souhaiteraient enseigner sur les enjeux socio-environnementaux. Plus d’informations ici  

Cycle de webinaires du RnMNS « Les sciences à l’épreuve des crises sanitaires et environnementales » :

  • Mardi 31 maiMSH Clermont – Ferrand
    « Gérer le travail du futur : éléments de prospective et de caractérisation ».
    Interventions de Emmanuel Abord de Chatillon, François-Xavier de Vaujany, Pierre Mathieu.
    Plus d’informations et connexion 
  • 31 mai 2022 : Cycle du séminaire Proclimex sur l’urgence écologique au prétoire.
    Session 2 : Métamorphose des responsabilités : des entreprises multinationales au prétoire. En ligne 15-18h. Plus d’informations ici
  • Mardi 14 juin à 13 h 00 : MSH Clermont – Ferrand
    « Gérer le travail du futur : cadres et outils d’analyse« 
    Interventions de Christine Musselin, Emilie Vayre,  Emmanuel Abord de Chatillon, et Pierre Mathieu
    Plus d’informations et connexion 

Précédents webinaires  disponibles ici, dont le précédent (prochainement en ligne) « Perte de la biodiversité, émergence de pathogènes et risques pour la santé humaine. » (Dirk Schmeller, écologue au Laboratoire Ecologie fonctionnelle et environnement)

  •  1-17 juin 2022 : Printemps de l’histoire environnementale sur 18 localités. Plus d’informations ici
  • 7&8 juin 2022 : Colloque « Le droit économique de l’environnement : acteurs et méthodes » dans le cadre d’un projet soutenu par la MSH Paris Nord. Plus d’information ici
  • 16 juin 2022- AMI « Santé et environnement » de la MITI/Cnrs

 AMI autour des questions :
-de l’émergence, la réémergence d’agents infectieux et la dynamique des maladies infectieuses,
-de la caractérisation de l’exposome chimique et microbiologique, au niveau du sol de l’air et de l’eau
-de l’impact des extrêmes climatiques et de la raréfaction des ressources naturelles, notamment en eau. 
Deadline dépôt : 16 juin 2022 (midi). Plus d’information ici

  •  20 au 23 juin 2022 : Conférence Archipel 2022 : risques systémiques, trajectoires et leviers d’actions transdisciplinaires à Grenoble.
    Le but est de constituer un collectif scientifique transdisciplinaire permettant de faire émerger les questionnements, les points saillants, le cadre de pensée, les méthodes et les outils permettant de traiter des risques systémiques, et plus globalement des futurs de nos sociétés. L’objectif de cette conférence est d’amorcer un travail collaboratif visant à :
    -rassembler une communauté de scientifiques d’origines diverses, et adoptant des approches systémiques partagées sur les enjeux globaux ;
    -co-construire et consolider des cadres de pensée, des connaissances et des méthodologies sur les risques systémiques globaux, leur évaluation, et leur mitigation
    -faire avancer concrètement la production et la diffusion du savoir. Plus d’informations ici

  • 23 juin 2022 : Expertise scientifique, crise sanitaire et politique de santé publique, dans le cadre des Ateliers  2022 «  Sciences, politiques et polémiques en temps de pandémies », organisé par La Plateforme Éthique et Biosciences (Genotoul Societal) à Toulouse (en présentiel et en visioconférence). Plus d’informations ici

  • 10 octobre 2022- Colloque « Transition écologique, changement climatique et sciences humaines et sociales : quels place et enjeux pour les maisons des sciences de l’homme (MSH) et pour le Réseau national des MSH ? » à la MSH Paris Nord. Programme prochainement diffusé ici

  • 1-2 décembre 2022 : Colloque international « Encore une transition ? Les territoires de montagne, face aux changements socio-environnementaux »-  Université Grenoble Alpes. Plus d’informations ici

Conférence Économie et Management du Changement Climatique
21 et 22 avril 2022

Conférence Économie et Management du Changement Climatique

Les 12èmes Journées thématiques de l’Association Française des Economistes de l’Environnement et des Ressources (FAERE) se tiendront les 21 et 22 avril 2022, sur le thème « Économie et gestion du changement climatique : lier adaptation et atténuation ».

Au programme :

  • Une conférence du Pr. Thomas Sterner (Université de Göteborg) : « Designing climate policies to be fair and effective »
  • Des sessions de présentation d’articles de recherche sélectionnés en économie et gestion.
  • Une table ronde « Crossing disciplinary boundaries on the road to transition » avec des scientifiques, des décideurs politiques et des parties prenantes, pour discuter des conclusions du sixième rapport d’évaluation (RE6) du GIEC sur « Impacts, Adaptation et Vulnérabilité » (groupe de travail 2) et « Mitigation du changement climatique » (groupe de travail 3) qui seront rendues publiques quelques semaines avant l’atelier.

La participation est gratuite, mais l’inscription est obligatoire. Les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 11 avril : Inscription

Lieu : ENS Paris-Saclay, 4 avenue des Sciences, 91190 Gif-sur-Yvette.

L’événement sera conforme au protocole relatif au COVID.

Séminaire ECOPOLIEN
6 avril 2022

Séminaire ECOPOLIEN

La séance 9 du séminaire ECOPOLIEN, soutenu par la MSH Paris-Saclay, se tiendra le 6 avril 2022 de 18h à 20h sur le thème :

Greenwashing : une conférence pour dépolluer le débat public

Séminaire ouvert au public organisé par l’Ecopolien, en présence d’Aurélien Berlan, Guillaume Carbou et Laure Teulières, directeurs de l’ouvrage Greenwashing. Un Manuel pour dépolluer le débat public, Paris, Seuil, mars 2022.

Lieu : Maison de l’Île-de-France, Cité universitaire, 16 boulevard Jourdan, Paris, 14e arrondissement (RER B arrêt Cité universitaire, Tram T3, Métro 4 Porte d’Orléans).

Résumé

Saviez-vous que les objectifs de « neutralité carbone » reposent largement sur des technologies qui n’existent pas ? Que la destruction d’une zone naturelle peut être « compensée » par l’investissement dans un produit financier ? Que l’on ne produira jamais assez d’hydrogène « vert » pour remplacer le pétrole ? Alors que l’enjeu écologique est décisif, nous avons un besoin urgent de clarifier les débats sur le sujet. Le greenwashing est ce qui nous en empêche. Évoquant tour à tour un verdissement de façade, la récupération d’un discours environnementaliste vidé de sa substance, la mise en place d’innovations aux effets « écologiques » douteux, il biaise le débat public et empêche des choix démocratiques éclairés. En considérant toute l’ampleur du phénomène, la conférence présentera les formes et les fonctions du greenwashing dans notre société, à partir des synthèses thématiques proposées par une trentaine de chercheurs et chercheuses et publiées aux éditions du Seuil récemment. Le débat en suivant permettra de renforcer l’autodéfense intellectuelle contre les fausses promesses, les illusions rassurantes et les formes d’enfumage qui nous enferment dans des trajectoires insoutenables. Un préalable indispensable si on veut ouvrir la voie aux bifurcations nécessaires.

Auteurs

Saviez-vous que les objectifs de « neutralité carbone » reposent largement sur des technologies qui n’existent pas ? Que la destruction d’une zone naturelle peut être « compensée » par l’investissement dans un produit financier ? Que l’on ne produira jamais assez d’hydrogène « vert » pour remplacer le pétrole ? Alors que l’enjeu écologique est décisif, nous avons un besoin urgent de clarifier les débats sur le sujet. Le greenwashing est ce qui nous en empêche. Évoquant tour à tour un verdissement de façade, la récupération d’un discours environnementaliste vidé de sa substance, la mise en place d’innovations aux effets « écologiques » douteux, il biaise le débat public et empêche des choix démocratiques éclairés. En considérant toute l’ampleur du phénomène, la conférence présentera les formes et les fonctions du greenwashing dans notre société, à partir des synthèses thématiques proposées par une trentaine de chercheurs et chercheuses et publiées aux éditions du Seuil récemment. Le débat en suivant permettra de renforcer l’autodéfense intellectuelle contre les fausses promesses, les illusions rassurantes et les formes d’enfumage qui nous enferment dans des trajectoires insoutenables. Un préalable indispensable si on veut ouvrir la voie aux bifurcations nécessaires.

Aurélien Berlan est docteur en philosophie, chargé de cours à l’université Toulouse Jean Jaurès ; Guillaume Carbou est maître de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’université de Bordeaux ; Laure Teulières est maîtresse de conférences en histoire contemporaine à l’université Toulouse Jean Jaurès. Tous trois sont membres de l’Atécopol, collectif de chercheuses et de chercheurs réfléchissant à la question écologique.

Ecopolien :

Ecopolien est un groupe de travail inter-universitaire (établissements ESR d’Ile de France) et transdisciplinaire (science humaines, sciences de la nature) s’intéressant aux causes des bouleversements écologiques actuelles et aux solutions proposées pour y remédier (voir https://ecopolien.hypotheses.org/ ). Son séminaire est soutenu par la MSH Paris-Saclay.

Séminaire Valeur prix et politique
14 avril 2022

Séminaire Valeur prix et politique

La prochaine séance du séminaire Valeur, prix et politique, soutenu par la MSH paris-Saclay et organisé par Christian Bessy (IDHES ENS-Paris-Saclay), aura lieu jeudi 14 avril de 14h à 16h à à l’IDHES ENS-Paris-Saclay, 4 avenue des sciences, 91 190 Gif-sur-Yvette, salle 3E 34.

Présentation de :

Antonella Corsani (IDHES, Université de Paris Panthéon-Sorbonne)

La rémunération dans les zones grises des relations de travail

Pour certains auteurs, c’est la forme de la rémunération qui permet à elle seule de spécifier la figure du travailleur « non salarié » par rapport à la figure du salarié. Cependant, les critères de détermination de la rémunération sont multiples (tâche, qualification, résultats, temps…). Certains de ces critères font que la distinction entre la figure du salarié et la figure du  non-salarié s’avère moins aisées. Ainsi, historiquement, la rémunération à la tâche rapprochait par bien des aspects le travailleur salarié au travailleur indépendant. Au 20ème siècle, le critère du temps devient la norme et marque la frontière entre travail salarié et travail non salarié. Mais avec la crise de la grande usine et de l’organisation taylorienne- fordiste du travail la diversité des formes de la rémunération réapparaît, dedans et dehors de l’entreprise, en brouillant la frontière entre travail salarié et travail non-salarié, en laissant ainsi apparaître une  zone grise des relations de travail.

Dedans, c’est le développement des formes de rémunération déterminées sur la base des résultats et des performances des entreprises, dehors c’est une multiplicité de figures de la rémunération qui ressortent des processus d’externalisation et de plateformisation, mais aussi des dynamiques subjectives de fuite du travail salarié.

Parmi cette multitude de figures on approfondira en particulier celle de l’ « entrepreneur salarié », figure du travail spécifique de la Coopérative d’Activités et d’Emploi.

En tant que entrepreneur ce travailleur pas comme les autres doit déterminer le prix des services ou des biens qu’il offre. En tant que salarié, il doit s’affecter un salaire à partir du chiffre d’affaires réalisé par la vente des services ou des biens qu’il a produit. Le chiffre d’affaires étant au numérateur, le salaire minimum se trouve au dénominateur, il en résulte alors un volume de temps de travail, mais ce temps de travail (c’est-à-dire le temps de travail légal) n’est en aucun rapport avec le temps au travail, c’est à dire le temps que la personne passe à travailler.

Avec la loi 2014 qui a reconnue et inscrite dans le code du travail la coopérative d’activités et d’emploi et l’entrepreneur-salarié en tant qu’assimilé salarié, toute référence au temps disparaît. Il n’y a plus qu’à distribuer dans le temps le chiffre d’affaires sous forme de salaire. Chose que l’entrepreneur fera de manière calculatoire, en pesant les coûts et les bénéfices du point de vue fiscal et de la protection sociale. La figure de l’entrepreneur-salarié est donc intégrée dans le salariat sous la forme d’un individu « entrepreneur de soi » qui détermine à la fois le prix du produit de son travail et son salaire.

Présentation du séminaire :

Après une longue série de travaux sur la qualité des produits, l’Économie des conventions a entamé depuis quelques années une réflexion sur les formes de mise en valeur des choses ou des personnes. Il ne s’agit pas d’un simple raffinement théorique mais correspond aussi à une réflexion sur les changements politiques favorisant la marchandisation de certaines choses restées en dehors des échanges ou la montée des inégalités entre les êtres. On peut penser aux rémunérations versées aux superstars du football, aux grands patrons, aux traders ou, encore, aux cotes atteintes par des œuvres d’art dans les enchères publiques, témoignant d’une forme de disproportion sinon de sentiments d’injustice ou d’évaluation arbitraire (Steiner 2011).

La théorie économique a proposé des modèles pour expliquer ces « super prix » ou plus précisément le fait que les rémunérations et les probabilités de réussite augmentent plus que proportionnellement avec le talent et la compétence, en faisant référence à une ultra sensibilité de la demande sur un nombre limité d’individus (Rosen 1981) ou suivant une logique de « winner-takes-all » ou d’avantages cumulatifs. Si ces modèles ont profondément remis en cause le cœur traditionnel de la théorie économique des prix, la notion de « valeur » est le plus souvent réduite à celle de « prix ». Plus généralement, la théorie de la valeur sous-jacente à ces modèles considère la valeur des biens suivant leur utilité intrinsèque pour chacun et donc de façon préalable à l’échange (Orléan 2011).

De son côté l’approche sociologique, à la suite en particulier des travaux de Simmel, met non seulement l’accent sur le fait que c’est de l’échange que les objets tirent leur valeur et non l’inverse, mais aussi, ne dissocie pas « valeur » et « prix ». Si la mesure monétaire a tendance à aplanir les différences de valeur, un prix très élevé provoquent l’effet contraire et rendent l’entité convoitée moins interchangeable et donc plus singulière. C’est dans ce sens que L. Karpik (2007), dans son ouvrage sur l’économie des singularités, explique la disproportion des prix au sommet de la hiérarchie des valeurs. Cette disproportion rappelle que toute volonté de classement et de hiérarchie ordonne en fait des entités incommensurables.

L’objet du séminaire n’est pas seulement de s’intéresser à l’économie de la disproportion des prix mais, plus généralement, de renouer avec les « théories de la valeur » en s’intéressant à la pluralité des modes d’évaluation des biens, aux mécanismes de la formation des prix sur divers marchés et aux différentes significations qu’ils ont pour leurs participants (Vatin 2009, Beckert et Aspers 2011). Comme l’avance O. Velthuis (2007), dans son ouvrage sur le marché de l’art contemporain, les prix ont suffisamment de consistance pour être considérés comme des symboles, et assez flexibles pour donner prise à différentes significations. Il met l’accent sur les processus de construction sociale de la valeur des objets d’art en référence aux conventions en œuvre dans les mondes de l’art. La méthodologie utilisée rejoint de ce point de vue l’approche de l’Economie des conventions sur la pluralité des modes de valorisation (Eymard-Duvernay 1989) ou des mondes de production (Salais et Storper 1993).

Mais, la particularité de cette approche est de travailler très explicitement ces « ordres de grandeur » suivant différentes philosophies politiques et façons de fonder le « bien commun » (Boltanski et Thévenot, 1991). Cette insistance sur la construction politique de la valeur est à relier avec les travaux anthropologiques d’A. Appadurai (1986) qui explore les conditions par lesquelles les objets économiques circulent dans différents « régimes de valeur » suivant l’espace et le temps. C’est ce qu’il désigne aussi comme des « politiques de la valeur » à la base de la création du lien entre échange et valeur. Ce type d’approche conduit à l’examen des carrières des personnes et des objets, suivant la variété des espaces de circulation et de valorisation qu’ils traversent, et à faire l’histoire des catégories de personnes et de choses, avec en particulier les enjeux autour de la définition des frontières. Un accent particulier est mis sur le rôle des « intermédiaires de marché » dans la définition de ces catégories et dans la définition des « conventions de valeur » sur différents types de marché (Bessy et Chauvin 2013). Il s’agit également de contribuer à une anthropologie des façons dont les choses peuvent être structuralement différenciées et hiérarchisées en vue de l’obtention d’un échange profitable (Boltanski et Esquerre, 2017) ou à une ethnographie des agencements marchands renouvelée aujourd’hui avec l’émergence des plateformes numériques (Callon, 2017) ou avec des épisodes de crise sanitaire créant des situations de pénurie ou d’accaparement.

Le séminaire donne lieu à des présentations de chercheurs du laboratoire IDHES et d’invités extérieurs. Il est ouvert aux doctorants et aux étudiants de master.

Organisé par Christian Bessy (IDHES ENS-Paris-Saclay), bessy@idhe.ens-cachan.fr

Programme du Séminaire Valeur Prix Politique 2021-2022

Séminaire du centre d’Alembert, séance 2
11 avril 2022

Séminaire du centre d’Alembert, séance 2

La séance 2 du Séminaire du centre d’Alembert se tiendra le 11 avril de 16h30 à 19h sur le thème :

La Mathématique comme Science Ouverte libre à travers l’Histoire : le rôle-clé des bibliothèques

La séance se tiendra :

  • en présentiel : à l’Institut de Mathématique d’Orsay, Bâtiment 307 rue Michel Magat, Amphi Yoccoz.
  • en visioconférence : Le lien de connexion sera transmis par mail quelques heures avant la séance.
    Inscription en envoyant un mail à centre.dalembert@universite-paris-saclay.fr

Intervenants :

  • Elisabeth Kneller, Ingénieure de recherche, responsable de la Bibliothèque mathématique Jacques Hadamard et responsable du réseau RNBM (réseau national des bibliothèques de mathématiques)

Bibliothèques de mathématiques des années 1970 à aujourd’hui : une mission spécifique au service de la communauté scientifique nationale, garantir et préserver un accès pérenne et partagé.

Plus que dans beaucoup d’autres domaines scientifiques, la recherche mathématique repose sur l’importance de la documentation, avec un large champ historique. La documentation – livres, périodiques, toute publication – est un outil de travail des scientifiques mathématiques. Il n’est pas rare qu’un article contemporain cite des références remontant à plusieurs dizaines d’années, si ce n’est un siècle. Les bibliothèques de recherche ont donc une mission importante de transmission et de conservation du patrimoine scientifique au service de la communauté mathématique entière.
A l’exemple de la Bibliothèque mathématique Jacques Hadamard et de son intégration dans le réseau national des bibliothèques de mathématiques (RNBM), cette présentation montre, des années 70 jusqu’à aujourd’hui, le rôle des bibliothèques et de tout un réseau qui réunit des professionnels de l’IST et des scientifiques pour travailler ensemble à l’ouverture de la documentation au service de la recherche mathématique tout en garantissant un accès pérenne à la documentation.

  • Joël Merker, Professeur, Institut de Mathématique d’Orsay, Université Paris-Saclay

Modernisation et renaissance du patrimoine documentaire en mathématiques : comment faire (re)vivre un savoir ouvert ?

Patrimoine commun, ou « marchandisation » de la connaissance : comment développer au mieux le savoir mathématique ? Comment la communauté mathématique articule-t-elle sa production contemporaine de vérités « éternelles », à la valorisation de découvertes anciennes « thésaurisées » dans les bibliothèques ?
Au-delà de la mise à disposition par le monde académique de ses productions actuelles, les bibliothèques elles-mêmes offrent en accès libre un panel de monographies et d’œuvres complètes, qui sont susceptibles de provoquer des « résurgences thématiques » inattendues. Et susceptibles, aussi, d’émerveiller les lecteurs par l’état de sophistication dont font preuve de nombreux mémoires « oubliés par l’histoire ».

Les travaux anciens consultables sous forme papier ou numérique sont totalement libres des contraintes spécifiques du « savoir marchand », et ne demandent qu’à être lus pour ouvrir et développer à nouveau leur champ de recherches.

L’exposé donnera quelques exemples de résurgence d’un savoir mathématique ouvert, à partir des œuvres complètes de Sophus Lie, d’Elie Cartan, de Charles Hermite.

Animatrice :

  • Hélène Gispert, Professeur émérite en Histoire des Sciences, Université Paris-Saclay

Séminaire « Fédérer et développer les recherches sur l’éducation dans Paris-Saclay », séance 1
8 avril 2022

Séminaire « Fédérer et développer les recherches sur l’éducation dans Paris-Saclay »

La séance 1 du séminaire « Fédérer et développer les recherches sur l’éducation dans Paris-Saclay » aura lieu vendredi 8 avril de 10h à 12h30 sur le thème : « Inégalités éducatives et politiques publiques : regards internationaux ». Cette séance est organisée par Maryse Bresson et Laura Cruchet au titre du laboratoire Printemps UMR UVSQ/CNRS.

Lieu : Printemps, UVSQ, Guyancourt

Inscription en cliquant sur le bouton « s’inscrire » de cette page.

Intervenants :

  • Camille Peugny (Professeur, Laboratoire Printemps et Directeur de la GS Sciences Sociales et Politique SSP) interviendra à l’occasion de la parution de son dernier ouvrage sur la thématique : Une génération sacrifiée ? Pour une politique de la jeunesse.

Les comparaisons réalisées par des institutions officielles comme l’OCDE indiquent que la reproduction intergénérationnelle des inégalités est plus forte en France que dans un certain nombre de pays comparables, et notamment que dans les pays du nord de l’Europe. La France, de ce point de vue, ferait plutôt partie des mauvais élèves de la classe européenne. De fait, la mesure par cohortes de naissance des flux de mobilité sociale laisse entrevoir une relative stagnation de la mobilité sociale au cours des dernières décennies. Pour expliquer ce résultat, il faut bien sûr questionner le fonctionnement du système éducatif pour comprendre la manière dont la massification scolaire ne s’est pas traduite par une réelle démocratisation de l’école. Pour autant, au-delà de l’école, il faut questionner plus largement la manière dont est pensé, en France, l’accès à l’autonomie des jeunes. Politique familiale, politique de l’emploi, formation professionnelle : toutes ces dimensions doivent être mobilisées pour mieux comprendre l’intensité de la reproduction des inégalités en France et la manière dont les jeunes se projettent, ou non, dans l’avenir. Au final, l’auteur plaide pour une transformation en profondeur de notre conception de la jeunesse dans une société vieillissante.

Ouvrage paru : Pour une politique de la jeunesse, Seuil, février 2022.

  • Mardochée Pierre (Docteur, Printemps), interviendra sur sa thèse en sociologie soutenue le 25 novembre 2021 intitulée : Démocratisation et inégalités scolaires dans les pays en voie de développement. Le cas d’Haïti.

Il présentera la manière dont un pays, Haïti, catégorisé comme « pays en voie de développement » s’efforce de réaliser la démocratisation de son système éducatif. S’il paraît en échec sur pratiquement tous les indicateurs : taux d’accès, équité, égalité, Haïti, réalise pourtant des processus de démocratisation. Pour analyser ce paradoxe, la réflexion appuyée sur un travail d’enquête par observations et entretiens, s’interroge sur la place majeure du secteur privé dans l’offre éducative. Pour expliquer que les différentes politiques mises en place n’ont pas eu l’effet escompté de scolarisation universelle, la thèse met en avant le manque de coordination entre les différents niveaux et acteurs de l’éducation en Haïti ; le manque de financement étatique, les effets de corruption à différentes échelles. Si l’implication des acteurs publics et aussi privés permet un élargissement de l’offre scolaire, malheureusement c’est souvent au détriment de l’égalité et de la qualité de l’enseignement.

  • Ibrahima Sacko (Doctorant, Printemps) présentera certains résultats de sa thèse de sociologie en cours, sur le sujet : Parcours de réussite et d’échec scolaire des enfants maliens au Mali et en France.

S’interrogeant sur l’articulation du « subjectif et l’objectif » dans la perception de la notion de réussite et d’échec scolaire par les Maliens rencontrés au Mali et en France, ainsi que d’autres acteurs de l’école dans les deux pays et mobilisant des matériaux qualitatifs (entretiens, données d’observation, études documentaires), il présente les différents parcours scolaires et les conséquences des stratégies éducatives des familles et des différences de systèmes éducatifs sur les inégalités scolaires.

Discutantes : Maryse Bresson et Laura Cruchet UVSQ

Liminaire :

Compte tenu de la dispersion des recherches sur la thématique de l’éducation dans l’ensemble des laboratoires et structures de l’Université Paris-Saclay, la GS Education Formation Enseignement (EFE) propose d’organiser un séminaire afin de faire se rencontrer et échanger les chercheurs sur ce domaine de recherche. Si les travaux en sciences de l’éducation et de la formation peuvent y prendre une place importante, d’autres apports scientifiques sont tout aussi essentiels à considérer, dans le contexte de Paris Saclay, dès lors qu’ils éclairent des questions d’éducation, de formation et d’enseignement. Le séminaire proposé vise à initier et développer ces échanges interdisciplinaires qui auront vocation à se poursuivre. Entre avril et juin 20022, sont prévues quatre séances de présentation/discussion de recherches en cours, menées par des chercheurs de laboratoires différents et d’appui de la GS EFE. L’objectif est d’identifier des questions partagées voire de poser les premiers éléments d’un langage commun, afin de permettre ensuite l’élaboration et le développement de projets de recherche partagés à plus long terme (publication des actes du séminaire, réponse à des appels à projets en commun) …

L’originalité et l’importance de la problématique dans le champ scientifique :

Le croisement de disciplines (sciences de l’éducation, sociologie, histoire, psychologie sociale et ergonomique) sur la thématique de l’éducation et l’ancrage institutionnel commun aux chercheurs dans le périmètre Paris Saclay constituent l’originalité et l’apport essentiel du séminaire dont l’objectif est précisément de nourrir la constitution d’une culture commune et l’élaboration de problématiques nouvelles, dans un contexte local où la recherche sur cette thématique doit être structurée et développée. Croiser les approches permet de saisir la complexité des phénomènes observés, tout en développant les liens entre les chercheurs sur le territoire, contribuant à structurer la recherche sur l’éducation au sein de Paris-Saclay ainsi que l’articulation formation-recherche.

Mots-Clés :

Éducation – recherche – interdisciplinarité – échanges scientifiques – projets

Appel à contributions – terrains & travaux

Appel à contributions – terrains & travaux

Le travail domestique et de care à domicile :
définitions, expériences et régulations

Appel à contributions pour dossier thématique
Date de clôture : 15 septembre 2022

Depuis une vingtaine d’années, un grand dynamisme caractérise les recherches en sciences sociales sur le travail domestique et de care à domicile, entendu comme travail exercé dans la sphère privée au service des ménages, aussi bien dans la littérature francophone, anglophone, germanophone qu’hispanophone. Plusieurs champs d’analyse, parfois déconnectés les uns des autres, sont concernés : sur les comparaisons des institutions des États-Providence, sur l’économie informelle, le PIB « réel » et les marges de l’emploi, sur les trajectoires de migration, sur les mobilisations collectives, sur les interactions dans les relations de service, etc. Une grande partie de ces recherches a souligné à quel point le travail domestique et de care à domicile se situait à l’intersection de rapports de domination de genre, de classe, et parfois de « race », les femmes issues des classes populaires et racisées étant surreprésentées dans ce travail, souvent flexible, pénible et dévalorisé.

En même temps, nous assistons dans de nombreux États, au niveau régional (Union européenne, Mercosur) et global à un déploiement sans précédent de nouveaux instruments de gouvernement, de nature privée ou publique, visant à réguler ce travail : convention 189 de l’OIT, stabilisation d’une définition des « Personal and Household services » au niveau européen, reconnaissance de la spécificité des « particuliers employeurs » dans certains droits du travail nationaux, mise en place de corps d’encadrement ou de contrôle à des échelles infranationales. Ces instruments comme dispositifs à la fois techniques et sociaux organisent des rapports spécifiques entre les institutions et leurs destinataires, et peuvent présenter un degré de coercition très différent selon leur nature. Alors que dans nombre de pays d’Amérique Latine et d’Europe, par exemple, le droit civil a longtemps constitué le domicile comme un lieu inviolable, celui-ci est de plus en plus investi par des instruments juridiques et de politiques publiques de nature différente, comme les chèques emploi services, les réductions d’impôt, un encadrement par le droit du travail et parfois même des tribunaux spécifiques, ou encore l’intervention des services d’inspection du travail. Ces instruments sont incarnés dans des formes matérielles diverses (documents papiers, plateformes internet, contrôle par des agents publics, applications connectées, etc.), dans le but d’intervenir sur la forme possible de l’emploi et du travail domestique et / ou de care à domicile.

Malgré ces transformations et la richesse des travaux existants, de nombreuses recherches restent encore à mener afin de mieux comprendre la façon dont les actrices et les acteurs se saisissent de ces instruments de régulation, que ce soit pour les fabriquer, les faire appliquer, les utiliser, s’en accommoder, les contourner, les détourner, les contester, les subvertir, etc. Qui participe à la construction des institutions et de leurs instruments visant à définir et réguler le travail domestique et de care à domicile, et comment ? Les instruments mis en place contribuent-ils à donner aux agents publics, aux travailleuses[1], aux familles et/ou aux employeurs le pouvoir de définir ce qu’est ce travail et la façon de l’effectuer ? Dans quelle mesure et dans quelles conditions ces instruments contribuent-ils à protéger et professionnaliser les travailleuses, leurs employeurs et/ou les publics auprès desquels elles interviennent ?

Ce dossier de terrains & travaux se propose ainsi d’analyser le travail domestique et de care à domicile en mettant l’accent sur les enjeux de définition de ces activités, sur les expériences qu’elles représentent et sur la façon dont elles sont régulées. En ce sens, nous nous intéressons tout particulièrement à la façon dont les institutions et les dispositifs techniques et sociaux qu’elles produisent contribuent (ou non) à gouverner ces activités et ce que produit, sur l’expérience de travail elle-même et sur les relations qui la caractérisent, la rencontre entre ces institutions et le public concerné.

Les enquêtes originales provenant de toutes les disciplines des sciences sociales (sociologie, science politique, histoire, économie, droit…) seront les bienvenues, en utilisant une méthodologie d’enquête qui devra être précisée. Les contributions pourront s’inscrire dans les trois axes complémentaires suivants :

1. Définir le travail domestique et de care à domicile

Les contributions pourront en premier lieu analyser la construction sociale, la mobilisation et les effets des catégories juridiques, administratives, statistiques, scientifiques et profanes, à la fois « en haut » et « en bas » de la hiérarchie sociale. Les catégories utilisées par les actrices et acteurs pour « parler » du travail et des emplois domestiques et de care seront au cœur de ce premier axe. Dans ce sens, la façon dont ils et elles essaient d’ordonner ce travail, en établissant des hiérarchies et des frontières entre les postes et entre les tâches pourront faire l’objet d’analyses approfondies. Comment des limites sont-elles définies entre ce qui est considéré comme étant un travail et ce qui n’en n’est pas un, entre les services considérés comme pouvant être l’objet d’un échange marchand et ceux qui ne le peuvent pas, entre ce qui relève de l’intime, ce qui peut être fait par quelqu’un de la maisonnée et ce qui ne le peut pas ? Les principes de justice mobilisés pour établir ces lignes de séparation et de classification ou au contraire la façon dont un certain « flou » est entretenu pourront ainsi être questionnés. L’enjeu sera également de comprendre comment ces catégories sont utilisées pour rattacher des pratiques à un univers de sens et de normes et observer leurs effets performatifs. Il s’agira également de saisir les enjeux de pouvoir attachés à ces délimitations.

2. Faire l’expérience du travail domestique/de care et de son gouvernement

Nous invitons ensuite les contributeurs et contributrices à étudier le lien entre des réalités souvent étudiées de manière étanche : celle des institutions et celle des citoyen·nes concernés par le travail domestique/de care. Comment les acteurs et actrices à l’origine des instruments de régulation de ce travail et de ces emplois se représentent-ils les pratiques de leurs destinataires et comment cela influence-t-il leurs actions ? À l’inverse, comment les personnes concernées par ce travail font-elles usage du cadrage et de la matérialité des instruments auxquels ils et elles sont confrontés dans leur pratique ? Il s’agira notamment de questionner les contraintes et les ressources que procurent ces institutions et instruments pour les personnes concernées par des relations de travail domestique et/ou de care à domicile. Une attention particulière sera portée aux facteurs qui permettent aux actrices et acteurs d’exercer un « jeu » par rapport aux instruments de gouvernance et à déployer des formes d’autonomie.

3. Réguler par le conflit ?

Le travail domestique/de care est généralement pensé comme peu propice aux mobilisations collectives et donc peu conflictualisé. Pourtant, le flottement entre les catégories, les définitions antagonistes du sens à donner au travail domestique et de care peuvent être à l’origine d’incertitudes et de conflits très divers, individuels ou collectifs, impliquant les personnes aidées ou employeuses, les travailleuses, les intermédiaires de marché, les ONG, les partenaires sociaux ou les gouvernements et leurs administrations. Les articles pourront s’attacher à étudier les mécanismes d’expression et de résolution de ces incertitudes et conflits. Sur quoi portent-ils et qui en sont les arbitres ? Dans quelles conditions la justice devient-elle une instance de résolution de ces conflits et pourquoi ? Plus largement, il s’agira de comprendre comment ces conflits participent aussi de la régulation de ces activités.

[1] Nous employons ici le féminin dans la mesure où ces travailleurs sont à plus de 90 % des femmes.


Les articles de 50 000 signes maximum (espaces, notes et bibliographie compris) et les notes critiques de 30 000 signes maximum doivent être accompagnés de 5 mots clés et d’un résumé de 150 mots, en français et en anglais. Les articles sont attendus pour le 15 septembre 2022 et doivent être envoyés à :

Les consignes relatives à la mise en forme des manuscrits sont consultables sur le site de la revue : http://tt.hypotheses.org/consignes-aux-contributeurs/mise-en-forme

terrains & travaux accueille par ailleurs des articles hors dossier thématique (50 000 signes maximum), qui doivent être envoyés à :

Pour plus de détails, merci de consulter le site de la revue : http://tt.hypotheses.org

Numéro 38 de terrains & travaux : « La raison modélisatrice »

Le numéro 38 (2021/1) de terrains & travaux, revue hébergée par la MSH Paris-Saclay, est paru en novembre 2021.

La raison modélisatrice

Numéro coordonné par Henri Boullier, Lise Cornilleau, Jean-Noël Jouzel et Pierre-André Juven

Le n° 38 (2021/1) de terrains & travaux est constitué d’un dossier thématique consacré à la raison modélisatrice, ainsi que de trois articles hors dossier.

Sommaire :

  • La raison modélisatrice
    • «  »En attendant d’autres données« . Raison modélisatrice, incertitudes et pièges de l’abstraction », Introduction par Henri Boullier, Lise Cornilleau, Jean-Noël Jouzel et Pierre-André Juven
    • « Un marché très exclusif. Les acteurs de la modélisation des réformes de protection maladie aux États-Unis (1993-2010) » par Ulrike Lepont
    • « Mesurer le risque d’inondation en ville. Une modélisation sous contraintes » par Sofia Guevara Viquez
    • « Le modèle qui cache la forêt. Les communautés de la recherche forestière à l’épreuve de l’impératif modélisateur » par Antoine Dolez
    • « Circulez, il n’y a rien à voir. Modèles, incertitudes et santé au travail dans l’industrie nucléaire » par Laura Barbier et Soraya Boudia
  • Hors dossier
    • « Les étudiants des catégories populaires face à la décohabitation familiale. Recherche de logement et perception de sa place dans la société » par Pascale Dietrich-Ragon
    • « S’accorder, vouloir dire et être reconnu·e au cours d’un entretien. Le cas des entretiens de recherche avec des personnes catégorisées « trisomiques » » par Yann Beldame et Laura Silvestri
    • « Manager des villes vs manager des champs. L’influence de la localisation du magasin sur le travail et l’emploi  » par Florent Racine

Diffusion :

Ce numéro est disponible en version papier et en version électronique via le portail Cairn.

Appel à contributions – terrains & travaux

Concurrencer l’école publique.
Entrepreneurs en éducation et formes alternatives d’enseignement

Appel à contributions pour dossier thématique
Date de clôture : 28 février 2022

Les expériences éducatives alternatives au système d’enseignement « classique » sont loin d’être inédites, comme le montre la vitalité des mouvements de l’éducation nouvelle entre le dernier quart du XIXe siècle et l’entre-deux-guerres, parties prenantes de la nébuleuse réformatrice de l’État. Leurs propositions pédagogiques fleurissent alors tant au sein de l’école publique que dans des écoles privées, à l’initiative de philanthropes, pédagogues, administrateurs et enseignant·es. Un mouvement analogue, alimentant des critiques visant l’enseignement scolaire public, ainsi que les appels à un renouvellement des apprentissages et des pratiques pédagogiques connaît depuis quelques années, en France, un certain essor, sous l’effet de la promotion de la liberté des familles et du « choix » parental, de l’aspiration à un traitement plus « personnalisé » des élèves et de l’accroissement de la concurrence entre établissements. En témoignent en France le succès des pédagogies dites «alternatives», l’attrait croissant qu’exercent les établissements privés, l’émergence d’une catégorie «d’entrepreneurs en éducation», et le renouveau de l’enseignement à domicile. L’aspect le plus remarquable de ces offres éducatives, très hétérogènes et animées par des visions du monde et des intérêts parfois contradictoires, réside dans le fait qu’elles se proposent de réformer l’école publique, non pas de l’intérieur, mais de l’extérieur, en entreprenant de développer à la lisière des établissements scolaires publics, ou loin d’eux, des projets jugés plus en phase avec les aspirations des élèves et des familles. Si ces idées réformatrices oscillent entre, d’un côté, la volonté de mieux s’ajuster aux attentes des publics du système d’enseignement traditionnel et, de l’autre, le désir d’en contourner les normes et les modes de sélection, elles tendent à remettre en cause, directement ou indirectement, la légitimité et la capacité de l’État à administrer l’éducation de ses citoyen·nes et enferment, en creux, une critique du «pacte social» que constitue l’institution scolaire dans nos sociétés. Bien que composite, cette offre apparaît moins sous-tendue par une ambition émancipatrice que par la volonté de doter les familles d’un «capital humain» et de faire l’éducation moins un enjeu de société qu’un investissement comme un autre.

Les propositions attendues pour ce dossier de terrains & travaux devront permettre de mieux comprendre les motivations des différents acteurs et actrices contribuant à la mise en place de pédagogies alternatives, de mieux connaître leur contenu ainsi que leurs effets sociaux. Ce dossier vise ainsi in fine à mieux appréhender, à travers des travaux empiriques, les caractéristiques de ces formes alternatives d’éducation, leurs usages par les apprenants, mais aussi, plus généralement, leurs effets sur le système scolaire public et sur les inégalités.

Les articles pourront s’inscrire dans l’un des trois axes présentés ci-dessous ou à leur croisement.

  • I. Entrepreneurs en éducation et entreprises éducatives dans l’espace scolaire. Vers une privatisation de l’offre éducative ?

Dans un contexte d’individualisation des politiques éducatives et d’intériorisation de l’impératif scolaire, l’offre privée d’éducation semble s’être développée en adoptant des formes renouvelées. On peut y voir l’effet d’une «numérisation» de l’offre (écoles en ligne, plateformes de cours particuliers, applications de soutien scolaire), de l’émergence de certaines professions (le coaching scolaire), du développement du tiers-secteur (la philanthropie éducative, les think tanks en éducation) ou de modèles lucratifs d’entreprises (comme pour certaines écoles hors-contrat ou les start-up de «l’edtech»). L’intervention, à différents niveaux, des acteurs privés en éducation n’est pas nouvelle, comme en témoignent la régulation de l’enseignement professionnel par les branches professionnelles, l’influence des milieux patronaux sur les cursus, ou plus récemment la formation des élèves et des étudiant·es à l’entrepreneuriat. Néanmoins, l’intérêt spécifique de certains acteurs privés à l’égard de l’offre éducative, leurs caractéristiques et leurs modes d’action restent encore largement méconnus, notamment dans le contexte français. Ce premier axe visera donc à mieux caractériser le champ des «entrepreneurs de l’éducation» et à interroger la spécificité de cette offre éducative. Ces pratiques éducatives hors de l’école s’inscrivent, en effet, dans des dynamiques longues de privatisation et d’hybridation des rapports public-privé, qui remettent en cause tout autant la place de l’offre publique, sa légitimité que le principe de la régulation, par les pouvoirs publics, de l’offre scolaire. Aussi, les recherches explorant les processus de privatisation et de mise en marché de l’éducation seront-elles bienvenues : développement d’une offre éducative peu ou pas régulée par les autorités publiques, ouverture des services publics éducatifs à des financements privés, ou encore sous-traitance de services éducatifs à des opérateurs extérieurs.

Le profil et les trajectoires des promoteurs et acteurs de ces entreprises éducatives pourront, en premier lieu, être étudiés, en réservant une place à la manière dont ils s’appuient paradoxalement sur les pouvoirs publics (via des subventions, défiscalisation, autorisations, agréments, etc.) pour développer une offre concurrente à celle de l’enseignement public. La façon dont ces acteurs défendent, en second lieu, la légitimité de leurs conceptions éducatives et de leurs manières d’agir auprès d’interlocuteurs et de publics divers (patronaux, pouvoirs publics, Éducation nationale) pourra être questionnée. La question du financement des entreprises éducatives, des pratiques et des modèles économiques qui les sous-tendent, méritera aussi examen. Car si certaines bénéficient du soutien des pouvoirs publics ou escomptent leur aide, d’autres parient plutôt sur leur capacité à développer une offre marchande autonome, et entendent attirer des investisseurs intéressés par les perspectives de profit qu’offre un marché semble-t-il prometteur. En troisième lieu, le travail concrètement engagé dans ces formes alternatives d’enseignement, et les types de pratiques éducatives mises en place, retiendront l’attention, qu’il s’agisse de pratiques renouant avec des formes scolaires traditionnelles ou déjà éprouvées (préceptorat, enseignements d’inspiration plus libertaire) ou de celles insistant plutôt sur leur caractère innovant (apprentissage en ligne, e-learning) afin d’attirer des familles séduites par une prise en charge plus individualisée de leurs enfants. Les contributions seront invitées à analyser la manière dont ces pratiques hétérogènes sont régulées par les pouvoirs publics ou au contraire échappent à leur contrôle.

  • II. Un autre rapport à l’éducation ? Choix éducatifs et apprentissages « alternatifs »

Cet axe invite à interroger les stratégies et les choix faits par les familles, et les apprentissages chez les élèves, en vue de mieux saisir les effets du recours à des formes alternatives d’enseignement sur le système public d’éducation. Les contributions pourront ainsi aborder les déterminants sociaux de la « demande » d’éducation privée alternative et comment les familles, sur la base de relations affinitaires, ou de positionnements socio-économiques ou culturels, en viennent à recourir à ces nouvelles manières d’éduquer et d’instruire. Au sein d’une offre très hétérogène, il apparaît important de regarder finement les appartenances sociales des familles et leurs rapports à l’école, et d’examiner comment elles s’investissent scolairement et pédagogiquement « à côté de » l’école publique, dans différents segments de l’offre privée. S’agit-il plutôt de familles appartenant à des groupes socialement dominés qui ne trouveraient pas, dans le système existant, une offre adaptée à leurs besoins et à leurs aspirations ? Si c’est le cas, doit-on y voir l’effet d’un amoindrissement de la croyance des milieux populaires dans les capacités émancipatrices de l’école ? Est-on plutôt face à des familles issues des classes moyennes et supérieures souhaitant échapper aux écueils d’une école massifiée, voire de familles fortement dotées préférant scolariser leurs enfants dans des établissements jugés plus en phase avec les exigences d’un monde globalisé ? Entre souci d’ajustement aux attentes scolaires (le recours au soutien scolaire, au coaching, etc.) et défection du système scolaire (le choix du hors contrat, de l’école à domicile) s’expriment différents usages de ces entreprises éducatives et différents rapports à l’école. On pourra se demander en quoi l’offre privée « alternative » témoigne de transformations des rapports des familles à l’école (voire de prises de distance avec le système scolaire), notamment liées aux transformations du système éducatif et aux attentes générées par l’allongement des études. Les contributions pourront venir alimenter les travaux sur les rapports à l’école et à l’État des familles et des élèves, et sur les effets de la crise sanitaire du Covid-19. On pourra également questionner le renouvellement de la place des parents à l’œuvre dans l’offre privée éducative, se demander comment les familles contribuent éventuellement à définir les contours de cette offre : dans l’enseignement à domicile, dans certaines écoles privées réservant une place spécifique aux parents, ou dans certaines aventures entrepreneuriales mettant en avant l’« expérience parentale » des créateurs d’entreprise. Les profits que les bénéficiaires retirent de ces expériences singulières (et d’une socialisation aux marges ou extérieure au système scolaire) mériteront également examen. Les parcours des élèves ayant bénéficié d’une éducation hors contrat, à domicile ou de formes de scolarisation en marge de l’école, restent en effet largement méconnus. Les effets socialisateurs durables de ces expériences et leurs incidences sur les trajectoires individuelles – que les élèves demeurent aux marges de l’école publique ou la réintègrent – pourront être explorés.

  • III. Les effets des entreprises éducatives sur le système public d’éducation

Enfin, un troisième axe invite à discuter les effets des entreprises éducatives et du recours par les familles à une offre privée «alternative», sur le système public d’éducation, et in fine sur les inégalités scolaires. Le fait que le centre de gravité de la régulation de l’offre d’éducation se déplace des autorités publiques vers les familles, érigées tacitement, par les prescripteurs de ces services éducatifs, en arbitres de la concurrence entre les différents fournisseurs de biens éducatifs (publics, privés à but non lucratif, privés à but lucratif) méritera attention. L’ampleur que revêt ce phénomène multiforme de remise en cause du système public d’enseignement, en France et dans d’autres pays, pourra être questionnée. L’impact de ces transformations sur les inégalités scolaires pourra aussi être interrogé. Les contributions pourront analyser la façon dont les institutions scolaires publiques composent avec le développement d’un secteur éducatif privé à leurs marges, en tentant d’en enrayer la croissance, en encourageant son développement ou en empruntant certains de ses registres d’action. Les travaux (s’appuyant sur des données statistiques ou des analyses comparatives) qui permettent, dans cette perspective, d’appréhender la manière dont cette recomposition de l’offre éducative affecte les trajectoires scolaires individuelles et l’évolution de la stratification sociale, seront bienvenus. L’importance éventuelle que revêt, aux yeux de ces acteurs réformateurs, l’objectif de réduction des inégalités scolaires, ou au contraire l’impensé qu’il constitue pour ces derniers, constitueront aussi des pistes de réflexion.


Les articles, de 50 000 signes maximum (espaces, notes et bibliographie compris), accompagnés d’un résumé de 150 mots et de 5 mots-clés en français et en anglais, devront parvenir sous forme électronique (format Word, cf. indications ci-dessous pour la mise en forme des textes) aux coordinateur·trice·s du numéro avant le 28 février 2022 aux adresses suivantes :

  • Caroline Bertron : carolinehs.bertron[at]gmail.com
  • Samuel Bouron : samuel.bouron[at]dauphine.psl.eu
  • Marie Carcassonne : marie.carcassonne[at]dauphine.psl.eu
  • Sabine Rozier : sabine.rozier[at]dauphine.psl.eu
  • Elise Tenret : elise.tenret[at]dauphine.psl.eu
  • Marie Trespeuch : marie.trespeuch[at]sorbonne-universite.fr

Les consignes relatives à la mise en forme des manuscrits sont consultables sur le site de la revue : http://tt.hypotheses.org/consignes-aux-contributeurs/mise-en-forme

terrains & travaux accueille par ailleurs des articles hors dossier thématique (50 000 signes maximum), qui doivent être envoyés à :

  • Vincent-Arnaud Chappe : vincent-arnaud.chappe[at]ehess.fr
  • Élise Palomares : elise.palomares[at]univ-rouen.fr
  • Milena Jakšić : milenajaksic[at]gmail.com

Pour plus de détails, merci de consulter le site de la revue : http://tt.hypotheses.org

Numéro 36-37 de terrains & travaux : « vingt ans après »

Le numéro 36-37 (2020/1-2) de terrains & travaux, revue hébergée par la MSH Paris-Saclay, est paru en novembre 2021.

vingt ans après

Numéro anniversaire

Le n° 36-37 (2020/1-2) de terrains & travaux est un numéro anniversaire publié pour les 20 ans de la revue. Il est constitué d’un dossier thématique consacré aux 20 ans de la revue, ainsi que de cinq articles hors dossier.

Sommaire :

  • Vingt ans après
    • « Avoir 20 ans en 2020 », Éditorial par le Comité éditorial
    • « Une protohistoire de terrains & travaux (1995-2005) » par Gilles Bastin, Laure Bonnaud, Olivier Le Noé, Ashveen Peerbaye et Pierre-Paul Zalio
    • « terrains & travaux, 2000-2019. Une analyse de vingt années de production » par Éric Dagiral, Ashveen Peerbaye et Caroline Vincensini
    • « Que voir ? Que faire ? Enquêter en sciences sociales avec Élisabeth Claverie et Nicolas Dodier », Entretien réalisé par Vincent-Arnaud Chappe et Milena Jakšić
  • Hors dossier
    • « Observer les odeurs, agirs sur les affects. Enquête sur la gestion des nuisances olfactives » par François-Joseph Daniel
    • « À l’ombre du Panthéon : ethnographier les sans-abri à Rome » par Pierre-Olivier Weiss
    • « L’interprétariat à la Cour nationale du droit d’asile. Lorsque le récit est transporté par la parole d’un tiers » par Anaïk Pian
    • « Les jeunes exilés face au ralentissement institutionnel. Contribution à une sociologie des temporalités » par Adeline Perrot
    • « Enquêtes statistiques et approches intersectionnelles. Considérations pour l’élaboration d’une enquête sur les violences de genre dans les Outre-mer » par Meoïn Hagège et Stéphanie Condon

Diffusion :

Ce numéro est disponible en version papier et en version électronique via le portail Cairn.

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