Séminaire « genre et monde carcéral »

Séance 5 (7 juin 2021 – 14h-18h) : Les mouvements de contestation dans et hors les murs

La prochaine séance du séminaire « genre et monde carcéral », soutenu par la MSH Paris-Saclay, aura lieu le lundi 7 mai 2021, de 14h à 18h en visioconférence.

L’inscription préalable via le bouton « s’inscrire » de la page de l’événement :
http://msh-paris-saclay.fr/event/seminaire-genre-et-monde-carceral-seance-5-7-juin-2021/
Les inscriptions sont ouvertes jusqu’au vendredi 4 juin à 14h.
Vous recevrez le lien pour assister au séminaire à distance dans la matinée du 7 mai. Pensez à vérifier vos spams si vous ne le recevez pas.

Résumé de la séance :

Cette séance portera sur les luttes anticarcérales et les stratégies de résistance dans et hors les murs, en interrogeant les liens qui ne nouent et se dénouent entre différents mouvements de contestation. L’intervention de Joël Charbit portera sur une histoire comparée des mouvements syndicaux en France et aux États-Unis, nés dans les révoltes carcérales des années 1970 à nos jours. Il analysera l’organisation de ces mouvements de révoltes, notamment les stratégies adoptées face aux autorités pénitentiaires et leurs liens avec les luttes abolitionnistes. Ensuite, l’intervention d’Alaitz Areitio Azpiri reviendra sur son expérience carcérale en tant que prisonnière auto-définie politique basque. Elle proposera une réflexion sur les positionnements féministes et les pratiques de résistance collective et individuelle, qui lui ont permis de tenir en prison. Enfin, Jean Bérard s’interrogera sur les controverses relatives aux usages militants de la justice dans les années soixante-dix. Il analysera plus particulièrement la structure des relations entre critique féministe des violences sexuelles et critique de la prison dans les mouvements militants de cette période.

Programme :

  • Joël Charbit, Sociologue – Docteure en sociologie et chercheur associé au CLERSE : Grèves et représentations syndicales en prison : la question de l’organisation dans les mouvements de prisonnier-e-s en France et aux Etats-Unis

Résumé :
À partir de travaux menés en collaboration avec Gwenola Ricordeau, cette communication tente de retracer la manière dont, dans les périodes marquées par la force des révoltes de prisonnier.e.s, la question de l’organisation de celles-ci s’est posée et les enjeux stratégiques qu’elle n’a pas manqué de soulever, que ce soit dans l’attitude adoptée par ces mouvements face aux autorités du système pénitentiaire ou dans la relation de ces luttes à l’abolitionnisme. L’analyse s’appuiera, pour ce faire, sur une histoire comparée des histoires denses et complexes des mouvements syndicaux nés dans les révoltes carcérales en France et aux États-Unis des années 1970 à nos jours.

  • Alaitz Areitio Azpiri, ex-prisonnière politique basque – diplômée en psychologie (UPV, Université du Pays basque) et en lettres modernes (Université Rennes 2) :  Vivre en prison : un combat quotidien pour ne pas disparaître et continuer à être nous-mêmes.

Résumé :
Dès le début de mon incarcération me suis rendu compte que je ne pouvais pas prendre ce temps comme une parenthèse dans ma vie. Je ne pouvais pas me permettre le « luxe » de ne pas vivre le moment. Pour profiter de la vie dans un trou tel que celui de la cellule et du bâti carcéral, j’ai essayé d’être la plus autonome possible, de ne pas arrêter de prendre mes propres décisions, de ne pas me laisser aller à automatiser mes actions, de me protéger des jugements continus, de ne pas arrêter de réfléchir, d’avancer, de grandir, de prendre plaisir, de gâter celles que j’aime… Bref, de pratiquer le féminisme et la liberté.

  • Jean Bérard, Historien – MCF Université Paris-Saclay – Institut des sciences sociales : La violence de la répression ou l’injustice de l’impunité : histoire d’un dilemme critique

Résumé :
Faut-il demander l’application aux groupes dominants bien souvent impunis des sanctions dénoncées lorsqu’elles s’attaquent aux franges les plus précaires des classes populaires ? De nombreuses controverses contemporaines sur les usages militants de la justice forment des cas spécifiques de cette question générale. La communication propose d’esquisser l’histoire de ce débat militant à partir de la structure des relations entre critique féministe des violences sexuelles et critique de la prison dans les mouvements militants des années 1970.