Autour d’un petit déjeuner, chercheurs, enseignants, étudiants et tout public intéressé sont invités à débattre suite à la présentation d’ouvrages issus des travaux de recherche menés dans les laboratoires en sciences humaines et sociales de la MSH Paris-Saclay.

Les séances se déroulent à la bibliothèque Durkheim de l’ENS Paris-Saclay (bâtiment Laplace, 3e étage).

 

Programme 2018 :

24 JANVIER (10H-13H) : Olivier Wieviorka
Histoire de la Résistance en Europe de l’Ouest (Perrin, 2017)
Discutant : Niels Wium Olesen

La résistance en Europe de l’Ouest a longtemps été considérée comme un phénomène national. Et elle a, de longues années durant, été analysée comme telle, les historiens privilégiant, pour l’étudier, le cadre de leur pays. Pourtant, si les facteurs internes jouèrent un rôle central dans sa naissance, la part des Anglo-Américains dans sa croissance fut éminente : en Norvège comme au Danemark, aux Pays-Bas comme en Belgique, en France et en Italie, l’armée des ombres n’aurait pu croître sans le soutien de Londres d’abord, de Washington ensuite. Il convenait dès lors de décloisonner les frontières et d’élargir les horizons pour offrir la première histoire transnationale de la résistance en Europe occidentale.

Membre de l’Institut universitaire de France et professeur des universités au département des sciences sociales de l’École normale supérieure Paris-Saclay et de l’ISP, Olivier Wieviorka est un spécialiste reconnu de la Seconde Guerre mondiale.

http://www.editions-perrin.fr/livre/une-histoire-de-la-ra-sistance-en-europe-occidentale/9782262069933

Revoir en vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=Sh_Mme5flkc

 

2 FEVRIER (09H30-12H30) : Isabelle Lacroix et Fanny Bugnon
Territoires de la violence politique en France de la fin de la guerre d’Algérie à nos jours (Riveneuve, 2017)

La violence politique n’a jamais disparu en France. Pourtant, la mise sous silence ou le dénigrement du phénomène et de ses motivations idéologiques demeurent toujours prégnants. La période qui s’ouvre après la fin de la guerre d’Algérie est généralement considérée comme une période de pacification de l’espace national sur le plan militaire, malgré la contestation des « années 68 » et l’essor des mouvements nationalistes. Les récents attentats, le plan vigipirate et l’état d’urgence viennent toutefois bouleverser la tendance.  Dès lors, comment penser la violence politique en régime démocratique ? Quelles sont ses formes, ses causes, ses espaces ? Quelles identités produisent ce phénomène dans le rapport à l’État-nation ?  À travers un panorama de la violence politique en France durant les 50 dernières années, de l’Action française aux militants de gauche radicale et indépendantistes, cet ouvrage entend sortir le phénomène de son exceptionnalité. Il invite à analyser le continuum historique et les mutations de l’action politique violente du point de vue des frontières géographiques et de celui des politiques françaises.

 

Fanny Bugnon est maîtresse de conférences en histoire à l’université Rennes 2. Isabelle Lacroix est sociologue post-doctorante à l’université Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines. Leurs travaux portent notamment sur les formes d’engagement politique en marge de la légalité dans la France contemporaine.

Plus d’infos sur le site de l’éditeur : https://www.riveneuve.com/catalogue/territoires-de-la-violence-politique-en-france-de-la-fin-de-la-guerre-dalgerie-a-nos-jours/

Revoir en vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=IQSsq76rN8c&feature=share

 

9 MARS (09H30-12H30) : Florent Le Bot, Fabrice Grenard et Cédric Perrin

Histoire économique de Vichy (Perrin, 2017)

Au regard des très nombreux livres portant sur la France pendant la Seconde Guerre mondiale, l’histoire économique et sociale de la période de Vichy fait indéniablement figure de « parent pauvre » : les ouvrages généraux récents sur le sujet sont inexistants. Pourtant, ce domaine est sans doute celui où les connaissances ont le plus progressé, grâce à de nombreux travaux de toute nature, lesquels permettent d’approfondir les relations entre l’État, les entreprises et les organisations patronales, ou de comprendre les conséquences des contraintes allemandes sur les échanges dans une France alors compartimentée en zones. Cette synthèse accessible au plus grand nombre s’interroge également sur les procédés et les résultats de l’épuration économique, ainsi que sur les éventuels héritages de la période sur le moyen ou long terme. Il apparaît au final que la France fut certainement — par choix et/ou par force — le pays d’Europe le plus mobilisé en faveur de l’effort de guerre allemand.

Florent Le Bot est enseignant chercheur à l’université d’Evry-Val-d’Essonne, membre du laboratoire IDHES.

http://www.editions-perrin.fr/livre/histoire-a-conomique-de-vichy/9782262035655

 

Revoir en vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=4c40vYtFDIg&t=2s

 

6 AVRIL (09H30-12H30) : Marième N’Diaye
La réforme du droit de la famille : une comparaison Sénégal – Maroc (Presses universitaires de l’université de Montréal, 2016)

Dans plusieurs pays musulmans, le statut juridique des femmes dans le droit de la famille fait débat. Ainsi, les États, premiers responsables de l’élaboration des lois, se retrouvent devant un défi de taille en tentant à la fois d’intégrer les normes internationales d’égalité entre les sexes et de respecter les prescriptions islamiques. De plus, ils voient leur autorité contestée par les acteurs religieux qui considèrent que le droit de la famille, traditionnellement régi par les normes coutumières et religieuses, est sacré, et qu’il n’a donc pas à être réformé.
La comparaison entre les deux pays où la religion musulmane est majoritaire – le Sénégal, une république laïque, et le Maroc, une monarchie où elle est religion d’État – montre la diversité des islams et de la charia, mais ne s’y attarde pas uniquement. Elle met également en lumière la progression des luttes féministes, menées sur plusieurs fronts, et l’importance des capacités et des sources de légitimité de l’État pour mener à bien la réforme.

Marième N’Diaye est chargée de recherche CNRS à l’ISP, docteure en science politique de l’Institut d’études politiques de Bordeaux et chercheure associée au laboratoire Les Afriques dans le monde (LAM).

https://pum.umontreal.ca/catalogue/la-reforme-du-droit-de-la-famille

Revoir en vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=EVsyLobtF1w&t=353s

 

25 MAI (09H30-12H30) : Jean-Pierre Durand
La fabrique de l’homme nouveau. Travailler, consommer et se taire ? (Au Bord de l’Eau, 2017)

La conjonction du lean management et de la financiarisation de l’économie ont rapidement transformé le travail et la consommation jusqu’à faire apparaître un « homme nouveau  » qui doit s’adapter aux conditions du capitalisme contemporain en abaissant le niveau de ses défenses psychiques pour survivre, c’est-à-dire en acceptant ce qui était hier inacceptable.

Professeur de Sociologie au Centre Pierre Naville (Université d’Evry-Val-d’Essonne), Jean-Pierre Durand est directeur de la Nouvelle Revue du Travail.

http://www.editionsbdl.com/fr/books/la-fabrique-de-lhomme-nouveau.-travailler-consommer-et-se-taire-/623/

 

 

22 JUIN (09H30-12H30) : Marie Cornu, Fabienne Orsi, Judith Rochfeld
Dictionnaire des biens communs (PUF, 2017)

Que sont les « communs », les « biens communs », les « patrimoines communs », les « choses communes » ? Ces notions sont fortement mobilisées aujourd’hui dans nombre de disciplines des sciences sociales et actions de citoyens. Leur poussée traduit une évolution des pratiques sociales : sous la pression de la crise écologique et de la transformation numérique notamment, les biens seraient davantage mis en partage. Logiciel libre, encyclopédie et habitat participatif, vélos ou voitures en usage successif, entreprise qui serait le « bien commun » de toutes les parties prenantes : les notions des communs intéressent les domaines de la culture, de la protection de l’environnement, de l’urbanisme, de la santé, de l’innovation, du travail, etc. La mobilisation est intense car elles autorisent à penser le changement social sur la base d’un réinvestissement du collectif, des communautés, de l’usage et du partage. Elles permettent de proposer des réinterprétations des valeurs fondatrices des sociétés contemporaines tels le rôle de l’État, de la propriété et des formes d’expression de la démocratie. Elles appellent à la fois une réflexion théorique, un débat politique et se concrétisent dans des expériences citoyennes. Ce dictionnaire, à mi-chemin entre le vocabulaire et l’encyclopédie, se veut un outil de compréhension de l’ensemble de ces phénomènes.

Marie Cornu est directrice de recherches au CNRS à l’Institut des Sciences sociales du Politique (ISP, ENS Paris Saclay, université Paris-Nanterre, CNRS).

https://www.puf.com/content/Dictionnaire_des_biens_communs

 

Revoir en vidéo : https://youtu.be/fzk3x5iog64

 

Télécharger l’affiche/programme 2018 : Affiche_Programme_Durkheim 2018

 

Inscription conseillée : bib.durkheim@ens-cachan.fr