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Séminaire PéLiAS (périodiques littérature, arts, sciences) Les périodiques comme médiateurs culturels

12 mars- 9 h 00 min - 12 h 00 min

Le séminaire PéLiAS (Périodiques, Littérature, Arts et Sciences) se propose d’étudier les périodiques artistiques, littéraires et scientifiques du XVIIIe siècle à la première moitié du XXe siècle en tant que médiateurs culturels.

Il s’agit d’analyser les périodiques en tant que constructions sociales, matérielles et entrepreneuriales, faisant intervenir de multiples acteurs : écrivains, artistes, typographes, graveurs, imprimeurs, éditeurs, ou lecteurs… et touchant des milieux socioprofessionnels variés (milieux artistiques et littéraires, scientifiques, universitaires, théâtres, galeries, maisons d’édition…).
L’approche adoptée est double : les périodiques sont interrogés en tant que support de
communication appartenant à la culture de l’imprimé et en tant qu’objet culturel pluridisciplinaire.
La notion de médiateur permet également d’insister sur la circulation des idées, des textes, des images et des rédacteurs. Les périodiques sont pensés en terme de « réseau » : un dialogue s’établit entre les différents périodiques, au-delà des catégories traditionnelles qui opposent grande et petite presse, revues et livres, revues artistiques et littéraires et revues scientifiques. Enfin, les périodiques sont étudiés dans leur dimension de vulgarisation, tant au niveau littéraire que scientifique, et dans leur rapport au livre et aux différents publics.

Vendredi 12 mars 2021, 9h-12h (séance en ligne)
L’imaginaire scientifique dans les périodiques du XIXe siècle

Hugues Marchal (Université de Bâle) : « ‘Venger les sciences du reproche qui leur a été
fait de dessécher l’imagination ?’ La réception de la poésie scientifique de Delille dans la
presse de 1800 à 1850 »
Tout au long du XIXe siècle, l’aspiration au développement d’une poésie attentive aux sciences et
capable d’offrir un nouveau De natura rerum à la modernité s’est heurtée avec violence à une
demande inverse de stricte étanchéité, voire de guerre totale entre ces deux champs de la culture
humaine. Or un nom aujourd’hui oublié a longtemps focalisé le débat, celui de Jacques Delille
(1738-1813). Jusqu’à la fin du Premier Empire, ses poèmes largement ouverts à des disciplines
comme la botanique, la physique ou la géologie furent en effet reçus comme des chefs-d’œuvre,
qui devaient durablement, selon un commentaire enthousiaste paru en 1794 dans La Décade
philosophique, « venger les sciences du reproche qui leur a été fait de dessécher l’imagination ». En
suivant l’évolution des mentions du poète dans d’autres journaux, du sommet de sa gloire jusqu’à
une date vers laquelle, selon cette fois une étude de Sainte-Beuve publiée dans la Revue des deux
mondes, les « railleurs posthumes de Delille » furent enfin à même de célébrer sa ruine, on cherchera
donc à comprendre le rôle que la presse a joué dans ce débat. Mais on se penchera aussi sur les
usages différenciés dont une telle poésie a pu faire l’objet, selon l’orientation politique, littéraire ou
scientifique des périodiques.

Axel Hohnsbein (Université de Bordeaux) : Boîtes de conserve, femmes à trois têtes et
phoques savants : merveille et merveilleux dans la presse de vulgarisation scientifique
(1850-1900)
Tour Eiffel, Palais de l’optique, vélocipédie, lumière électrique, trottoir roulant, photographie,
poissons lumineux, jouets scientifiques, féeries, et bien entendu femmes à trois têtes et phoques
savants… de La Science illustrée à La Nature, de Cosmos à La Science en famille, les hebdomadaires
spécialisés des années 1880-1900 valorisent une vulgarisation ludique et spectaculaire, entretenant
le goût pour un merveilleux scientifique que les romans d’anticipation porteront à son paroxysme.
Pourtant, les mots « merveille », « merveilleux » et « scientifique » entretiennent une relation
complexe au sein de la presse de vulgarisation spécialisée, qui n’a pas toujours bénéficié d’autant
de latitude dans le choix de ses sujets.
Notre communication montrera comment ces périodiques ont construit leur relation à la
merveille et au merveilleux, parvenant après 1870 à s’affranchir de leur image de « trafiquants de
science » (Auguste Comte) pour produire une vulgarisation capable d’annexer presque tous les
sujets et d’explorer tous les lieux (laboratoire, grands magasins, baraques foraines…). Pleinement
déployé, le merveilleux propre à la presse de vulgarisation scientifique ne saurait donc se réduire
aux thématiques les plus étranges et spectaculaires : il réside plutôt dans la certitude que « la science est partout » (Gaston Tissandier), que tout communique, que tout le monde pratique la science à son échelle. Prenant La Nature comme guide principal – mais pas unique, nous montrerons que cette conception n’est pas fortuite, qu’elle est le fruit d’innovations progressives et d’ajustements éditoriaux, portés par un réseau de rédacteurs parmi lesquels les plus importants sont parfois les plus oubliés.

L’accès au séminaire se fera sur inscription, avec l’envoi d’un mail à l’adresse
alexiakalantzis@gmail.com. Le lien zoom sera envoyé aux participants quelques jours
avant.

Organisateurs :
Hélène Védrine (Sorbonne Université, CELLF 19-21)
Norbert Verdier (Paris Saclay, EST-GHDSO)
Alexia Kalantzis (UVSQ, CHCSC)
Comité scientifique :
Evanghelia Stead (UVSQ, CHCSC & IUF)
Hélène Gispert (Paris Saclay, EST-GHDSO)
Viera Rebolledo-Dhuin (UPEC, CRHEC)
Hélène Védrine (Sorbonne Université, CELLF 19-21)
Norbert Verdier (Paris Saclay, EST-GHDSO)
Alexia Kalantzis (UVSQ, CHCSC)

Contacts :
alexiakalantzis@gmail.com
norbert.verdier@universite-paris-saclay.fr

Label MSH Paris-Saclay & CELLF 19-21

Détails

Date :
12 mars
Heure :
9 h 00 min - 12 h 00 min
Étiquettes évènement :

Organisateur

CHCSC